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mardi, 26 janvier 2021
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Eric du Faÿ: «La musique donne des ailes aux enfants»

0:31, 23 novembre 2020CulturesImprimer

« L’Observateur Russe » vous parle de l'association «Petites Mains Symphoniques».

Aujourd'hui, dans le chaos de notre vie quotidienne, le plus important est de ne pas perdre courage.

Après le concert à l'église de la Madeleine à Paris

Et comment ne pas être découragé, demandez-vous, quand le sol tremble sous vos pieds, quand vous ne pouvez rien prévoir à l'avance, quand vous ne savez pas ce que le lendemain vous apportera et que vous devenez engourdi aux premiers bruits des nouvelles à la radio ...

Je pense que dans cette confusion d'incertitudes, nous devons rechercher nos propres lignes directrices. Pour moi, un tel repère, un phare lumineux, c'est Éric du Faÿ, le fondateur et directeur artistique de l'association Petites Mains Symphoniques — PMS. Et voici pourquoi.

Éric du Faÿ

Cet été, lorsque les festivals, les concerts ont été annulés dans toute la France, et que les colonies de vacances ont été fermées, Éric et ses associés n'y ont pas prêté attention : ils ont attendu, pour recevoir l'autorisation du Ministère de la Jeunesse et des Sports, et c’est ainsi que du 16 au 27 août, ils ont organisé la 20ème Académie des Petites Mains Symphoniques en Normandie, où sont arrivés 250 enfants de 6 à 17 ans de toute la France et de plusieurs pays européens.

Au même endroit, sur le territoire de Normandie Sud Eure, où les PMS sont déjà connues et très attendues, ils ont organisé le 6ème Festival Étoiles Symphoniques. L’association a donné 53 concerts dans 26 communes et villes, dans des églises, des cathédrales, des châteaux médiévaux, des monastères, des maisons de retraite, des domaines privés, des parcs et trois concerts finaux dans l’enceinte de l'abbaye St. Nicolas à Verneuil d'Avre-et-d’Iton.

Photo: Théo Kosakevitch

À l'automne, alors que les nuées recommençaient à se renfrogner sur la France, Éric du Faÿ était en négociation persistante avec l'administration de la région de Balagne dans le nord-ouest de la Corse, où, pour la quatrième fois, les PMS allaient tenir une académie d'automne et un festival de 20 concerts. Peu avant les vacances d'octobre, le fondateur de l'association avait reçu la permission et les enfants commençaient à faire leurs valises et à répéter leurs partitions. Mais une semaine avant le début de l'académie, le préfet de Corse publia un arrêté interdisant de faire venir sur l’île des enfants du continent.

Il est difficile de décrire ce qui se passait dans la tête d’Éric à ce moment-là. Lui, seul, sans dire un mot aux enfants, s'est empressé de chercher un nouvel endroit où 120 musiciens et une vingtaine d'adultes — encadrants, professeurs, régisseurs — pouvaient être hébergés. Trois jours avant le début des vacances, Éric a annoncé que les PMS étaient attendues en Bretagne, et les jeunes musiciens sans contester l’ont suivi jusqu'à la Presqu'île de Rhuys à Saint-Gildas de Rhuys (département du Morbihan). Et personne ne l'a regretté !

Photo: Théo Kosakevitch

Association «Petites Mains Symphoniques»

Le concept des PMS est né en 2005. Aujourd'hui l'association compte environ 700 musiciens et se compose de deux orchestres symphoniques - l'un pour les enfants de 6 à 12 ans, l'autre «For Teens» de 13 à 17 ans — , d’un orchestre de jazz et d’une chorale. Pendant les festivals, non seulement les orchestres jouent, mais les enfants se produisent seuls et en groupe, avec de la musique de chambre. Chaque année, deux académies sont organisées pour des répétitions intensives, par pupitre (chaque instrument) et en tutti (l’orchestre dans son ensemble). Les enseignants aident les enfants à se préparer pour les concerts.

Photo: Théo Kosakevitch

Pour entrer aux PMS, les enfants ont dû jusqu’à récemment participer aux auditions d’entrée en deux étapes tous les deux ans. Le premier tour avait lieu dans 30 villes de France, la finale se passait à Paris, après quoi les nouvelles recrues prenaient immédiatement part au concert de l'association sur une scène prestigieuse. Aujourd'hui, l'admission à l'association est devenue plus facile : le premier tour se fait par vidéo. Ceux qui ont réussi le concours des PMS peuvent participer selon leur volonté aux différents événements de l’association. Même ceux qui n'ont pas réussi le concours peuvent se joindre à l'académie, s’ils jouent d'un instrument.

L'Académie agit comme n'importe quelle colonie de vacances, où les parents envoient leurs enfants. Cette année, de nombreux parents ont pu bénéficier d'une aide financière du ministère de l'Éducation nationale dans le cadre des « colos apprenantes », colonies de vacances liées à la musique et à la culture. L'association aide souvent les enfants de familles modestes à participer à leurs actions. Démocratiser la musique est l'un des objectifs des PMS.

Entre les académies, les PMS donnent au cours de l'année des concerts dans des dizaines de villes en France et à l'étranger. Le festival Les Folies Orchestrales (ancien nom des Orfééries) est organisé avec la participation d'artistes célèbres de musique classique, jazz, populaire…

Photo: Théo Kosakevitch

Les PMS ont joué dans des salles telles que la Salle Gaveau, l'Olympia, le Casino de Paris, le Grand Rex, les Folies Bergères, le Cirque d'Hiver ... Le célèbre violoniste Didier Lockwood était le parrain de l'orchestre de jazz PMS et a participé à leurs festivals. Vladimir Cosma, auteur de la musique de films célèbres, a dirigé à plusieurs reprises l’orchestre symphonique pour interpréter des extraits du film Rabbi Jacob. L'orchestre des PMS a eu la chance de jouer avec le pianiste de renom François-René Duchâble, parrain du 6ème festival d’été en Normandie ...

L'association participe aux diffusions des principales chaînes de télévision françaises.

Depuis 2012, chaque printemps, 35 musiciens participent à un festival en Argentine aux célèbres chutes d'Iguazu, le «Festival Iguazu en Concierto», où jouent 700 jeunes musiciens des 5 continents. Les Petites Mains Symphoniques se sont produit à Shanghai, au Mexique… Les jeunes musiciens sont invités dans 25 pays du monde ...

Il est impossible de lister toutes leurs performances, jetez un œil sur Internet, voyez par vous-même.

 

Éric du Faÿ — générateur d'idées

Éric a commencé sa carrière dans la musique en jouant du cor français. Ayant étudié avec succès aux conservatoires des villes de Tours, Boulogne-Billancourt et au CNSM de Paris, il a joué pendant 17 ans dans les meilleurs orchestres de France — symphoniques et jazz, appréciant les différents styles musicaux.

Que s'est-il passé, pourquoi Éric a-t-il interrompu sa brillante carrière de cor français et commencé à former de jeunes musiciens? Je lui ai demandé.

  • Oui, j'ai eu beaucoup de chance, — raconte Éric. — J'ai travaillé activement dans de nombreux orchestres, avec différents chefs d'orchestre, joué 150-200 concerts par an. Et après 17 ans, il m'a semblé que j’en avais fait le tour et j’avais fait tout ce que je pouvais ; j’ai alors ressenti un besoin de transmettre à quelqu'un ma passion de la musique, mes observations de l'orchestre. J'ai toujours pensé qu'en France, l'enseignement de la musique est axé sur le jeu individuel, personne ne se soucie du jeu collectif. On n'insuffle pas du tout aux enfants le sens du collectif, et pas seulement dans la musique, mais dans tous les domaines. Le culte de l'individualisme est très fort partout. Mais il ne faut pas oublier que la base de la musique est le collectif. Le Graal, le stade le plus élevé de la musique, c'est l'orchestre. J'ai étudié dans des conservatoires et n'y ai pas vu de pédagogie de l'orchestre, nous ne jouions que 2-3 concerts par an. Ayant acquis une expérience de travail dans des orchestres, j'ai voulu changer la donne. Le jeune musicien joue à la maison pendant 20 minutes chaque jour durant un an, et la deuxième année… il s’ennuie, parce que dans les conservatoires on ne vous laisse jouer dans l'orchestre que lorsque vous atteignez un bon niveau de jeu de l'instrument. Mais nous, nous prenons des débutants et les laissons immédiatement entrer dans l'orchestre et, de plus, les laissons jouer sur une scène prestigieuse. C'est une telle incitation pour un enfant! Imaginez comment cela stimule un gamin ! Comment il sent que des ailes se poussent dans son dos, comment ensuite il travaille et comprend pourquoi il doit jouer des gammes tous les jours ! Vous savez après la première sélection en PMS, nos enfants se sont produits au théâtre des Champs Elysées… !

Photo: Théo Kosakevitch

En fait, il y a 3700 écoles de musique en France. Mais sur mille étudiants, il ne peut y avoir qu'un seul professionnel. Où sont les autres ? Seulement 5% pratiquent la musique en amateurs. Notre manière de l'enseigner aux enfants leur inculque un dégout pour la musique sérieuse. J'entends souvent des adultes dire qu'ils ont commencé à faire de la musique dans leur enfance et qu’après 3 ans, ils ont arrêté. Seuls quelques-uns ont la chance de devenir des musiciens professionnels, mais pourquoi les gens qui aiment la musique ne peuvent-ils pas jouer pour leur propre plaisir ? Je pense que vous pouvez être amateur et bien jouer. Pour moi, l'amateurisme est une cause noble et digne. Mais le problème est que les professionnels tuent l'amateurisme. Et il y a un effet boomerang, les salles de concert sont souvent vides. Qui va au concert ? Bien évidemment, ce sont les musiciens amateurs qu’y vont, c’est une partie de leur formation. C'est pourquoi j'ai imaginé ce projet.

Et je voulais aussi donner confiance aux enfants, les éduquer dans une ambiance collective, dans une ambiance conviviale, amicale, familiale, ainsi que découvrir de nouveaux endroits en France, partir dans d'autres pays. De plus, nous avons une association très engagée, nous participons à de nombreuses actions liées à l'environnement, avec des sujets actuels.

Photo: Ogoulbibi MARIAS

Aujourd’hui il semble que PMS est une association très réussie, tout y est établi. Mais cela n'a pas été le cas tout de suite.

— J'ai commencé tout seul, avec des trois cailloux dans la poche, — Éric rit, — pendant longtemps personne n'a cru en mon projet. Il fallait à chaque fois prouver, convaincre tout le monde que la musique peut faire des miracles et qu'elle est extrêmement nécessaire aux enfants dès le plus jeune âge. Chaque fois quand j'ai vu les enfants épanouis en sortant après un concert, j’ai vu leur joie, leurs visages heureux après l'académie, je n'ai pas pu m'arrêter, fermer les PMS. Au bout de 10 à 12 ans, j'ai senti que l'association s'était renforcée, j'ai eu, enfin, des compagnons fidèles ...

Bénévoles et membres des Petites mains symphoniques

Toutes les activités de l'association sont soutenues par des bénévoles, ce sont principalement des parents de jeunes musiciens. Certains viennent aider à préparer des concerts, d'autres viennent à l'académie pour s'occuper des enfants. Quelqu'un le fait de temps en temps, mais il y a ceux qui sont accros à l'âme et ne manquent pas une seule part des PMS. Beaucoup de gens se sentent membres de la famille dans l'association, ils viennent souvent et restent longtemps avec des familles entières. Comme la famille Maqlach, par exemple. Le plus jeune fils Mikaël il y a 7 ans, sur les conseils de son professeur de trombone, s'est inscrit à un concours à PMS, et cet été-là, il est allé à l'académie, et deux frères aînés l'ont accompagné: Yanis — clarinettiste et Medhi — trompettiste. Les enfants sont rentrés à la maison tellement heureux et depuis jamais n'ont manqué un événement des PMS. Les parents, qui, d'ailleurs, suivent leurs enfants en tout, ont même commencé à étudier la musique après eux. Le papa Youssif joue maintenant du trombone, la maman Delphine de la flûte. Ils accompagnaient dans un premier temps les PMS lors des voyages, prenaient leurs vacances exprès pendant les vacances scolaires. Ainsi toute la famille Maqlach est allée à Shanghai, au Mexique, à Iguazu. Puis les parents ont commencé à aider durant les académies. Aujourd'hui Delphine est le bras droit d’Éric, elle est la secrétaire exécutive de l'association sur une base bénévole, dirige toute la partie administrative. Youssif est régisseur de l’association, effectue des tâches différentes, il est engagé dans le transport, conduit un camion. Yanis, qui n’a plus l’âge des PMS ne manque de venir à aucune académie : il travaille comme régisseur, aide le personnel technique, conduit une voiture, remplace le professeur d'instruments à vent.

Delphine elle-même est une optimiste incorrigible à l’égal d’Éric. Je lui demande ce qu'elle pense des PMS et d’Éric.

Les enfants qui entrent dans les PMS acquièrent rapidement de l'expérience non seulement dans la musique, mais aussi dans la vie en général, — dit-elle, — ils deviennent indépendants dans les affaires quotidiennes, se font des amis pour la vie. Éric est une personne unique, il a des milliers de projets en tête à chaque minute et tous sont liés aux PMS. Il adore les enfants, les ressent, se met à leur place et essaie de leur transmettre sa passion pour la musique. L'essentiel est qu'il leur fasse confiance, qu’ils prouvent qu'ils sont capables de plus qu'ils ne le pensent, et cela leur permet vraiment de repousser les limites de leurs capacités.

Photo: Théo Kosakevitch

Que pensent les musiciens eux-mêmes du PMS et d’Éric ?

— Il y a trois ans ma mère m'a inscrit à l'académie des PMS — dit le saxophoniste Felix Lemonnier, — je ne voulais pas du tout y aller, je pensais que c'était un stage de musique comme des autres. Mais dès que j'y suis arrivé, je ne voulais plus m'en séparer. Avant, je n'avais jamais sérieusement pensé à la musique, mais maintenant je pense que je vais peut-être devenir un professionnel. Je suis en terminale et l’année prochaine je vais faire des études très poussées. Je ne pourrai pas probablement participer aux concerts ni à l'académie, mais je sais que je rencontrerai toujours des amis de PMS ...

 

— Sans PMS j’aurais été complètement différente, — dit la hautboïste Laura Dufour, — les PMS m'ont ouvert le monde de la musique symphonique ; au conservatoire j'ai joué dans un orchestre d’harmonie. Avec les PMS, pour la première fois j'avais un but dans la musique, la motivation, j'ai beaucoup progressé. Je n'aurais jamais rencontré mon professeur de hautbois d’aujourd'hui. J'ai rencontré ici des amis qui me sont très chers. Nous avons déjà dépassé les limites d'âge, mais cet été, nous sommes revenus à l'académie et avons créé notre propre orchestre de 18 à 24 ans, joué à la clôture des PMS et avec un concert séparé à Paris. Et bien que j'aie choisi un autre métier, je n'abandonne pas la musique et mes recherches en neurosciences seront définitivement liées à la musique.

Le nouvel orchestre dont parle Laura est dirigé par Etienne Jarrier.

Etienne Jarrier. Photo: Théo Kosakevitch

Il y a 10 ans, il est arrivé à PMS en tant que clarinettiste âgé de dix ans ; depuis lors, il n'a pas manqué une seule académie, a participé à la plupart des concerts, est parti avec les PMS en voyages à l'étranger. Maintenant, il est professeur de clarinette de l’association et s'essaye à la direction d'orchestre.

«J'avais l'habitude de percevoir la musique comme une activité individuelle ; aux PMS j'ai vu que jouer de la musique collectivement est beaucoup plus intéressant», dit Etienne, «je ne trouve pas de plaisir à jouer en soliste, je ne veux pas être musicien professionnel, mais j'aime la musique sous toutes ses formes, et aux PMS je vois une opportunité de transmettre ma passion pour la musique aux enfants à travers la direction ou la pédagogie. Je ne veux pas attendre des années pour transmettre mes connaissances, je ne suis pas intéressé à accumuler de l’expérience pendant longtemps, je pense que je n’ai rien à attendre, je pense qu’on doit partager tout de suite ce qu’on a acquis. Les PMS sont une vraie école de vie pour moi ; ici j'ai acquis de telles compétences qui seraient impossibles dans aucunes autres conditions sociales. A la tête de tout cela se trouve Éric — c'est un homme d'une énergie incroyable, il agit instinctivement en tout. Il fait beaucoup confiance aux enfants en tout: dans la manière de jouer de l'instrument, dans leur recherche. Et cela les aide à accomplir beaucoup. Dans les conservatoires, on ne fait pas tellement confiance aux enfants et au collectif. Je pense qu'il y a quelque chose de mystique, de mystérieux dans la musique ; quand on fait confiance à un enfant, il est capable de trouver des solutions par lui-même et d'atteindre de grands sommets. A mon avis, dans les PMS, on rencontre de bons amis non seulement parce qu'ils ont le même âge, mais aussi car quand on joue de la musique dans un groupe, il se passe quelque chose de très fort, quelque chose qui lie fermement les enfants à ce moment-là ... »

La question de savoir comment les organisateurs n'avaient pas peur de tenir les académies d'été et d'automne derniers dans le contexte d'une pandémie, je l'ai constamment posée à mes interlocuteurs. Cela les a surpris, car ils sont convaincus qu'ils ont raison et que c'est une vraie bouffée d'air frais pour les enfants du monde d'aujourd'hui. Etienne Jarrier m'a dit: «Quand on a demandé à Churchill pourquoi il n'avait pas réduit le budget culturel pendant la guerre. Il a répondu: «Pour quoi nous battons-nous? Pour quoi nous bataillons-nous? " A mon avis, la culture est très importante comme tout autre travail, tout autre ouvrage sinon plus important ... "

À la fin de notre conversation, Éric du Faÿ me demande de manière inattendue: «Comment ça se passe avec les orchestres d'enfants en Russie, au Kazakhstan? — et des petits feux espiègles s’allument dans ses yeux. Alors je comprends que dans la tête de l'infatigable créateur des PMS, il n'y a pas de place pour les pensées tristes : des nouvelles idées y mûrissent. — Eh bien, nous sommes toujours prêts à coopérer ... "- ajoute-t-il en souriant ...

 

À propos du recrutement des enfants dans l'orchestre ici:

https://www.youtube.com/watch?v=N1QQjY-0X_c&feature=youtu.be

 

 

6 commentaires

  1. ММА dit :

    замечательная статья!

    Сразу хочется захватить свой

    инструмент!

  2. АЛМАСБЕК УМИРБЕКОВИЧ ДЖУМАГУЛОВ dit :

    Молодец Эрик дю Фаи! Все лучшее- детям!

  3. Klara dit :

    Какая интересная статья! Как было бы здорово если бы такой опыт мог бы распр и в других странах. Успехов

  4. Rozalya dit :

    Спасибо автору за выбор темы: в такое время нужны такие статьи о самоотверженных людях, энтузиастах своего дела. Интересно, проводится ли анализ, какова судьба участников оркестра: многие ли из них становятся профессионалами?

  5. Наталия Уар dit :

    Спасибо за статью! Как приятно, читать про таких людей!

  6. от автора dit :

    Спасибо всем за ваши отклики, я рада, что вы прочитали эту статью, и наверное, немного отвлеклись от наших будней. Отвечаю Розалии на вопрос, есть ли точные сведения о том, сколько детей становится професиионалами. На это трудно ответить. Два-три года назад я видела информацию в сайте ассоциации PMS о том, что 12 или 13 человек из оркестра поступили на тот момент в CNSM de Paris et Lyon — это самые высшие консерватории во Франции. Но это на тот год. Очень многие приходят в ПМС, обучаясь в местных и региональных консерваториях. Но дело в том, что даже проучившись в высших консерваториях, не всем удается найти место в музыкальном мире. Ассоциация PMS не ставит себе целью готовить профессионалов, для этого есть официальные учреждения, существуют другие оркестры для юных музыкантов. Главное, это зародить интерес к музыке у детей, помочь им увидеть мир, расширить кругозор, воспитать чувство коллективизма и другие человеческие качества. И все это останется с ними на всю жизнь.

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