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dimanche, 16 décembre 2018
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L’Or des Pharaons à Monaco. 2500 ans d’orfèvrerie dans l’Egypte ancienne

La rédaction0:51, 27 juin 2018CulturesImprimer

Eté 2018, l’Or des Pharaons, 2500 ans d’orfèvrerie dans l’Egypte ancienne propose de réunir plus de 150 chefs-d’œuvre du musée du Caire présentant une série d’ensembles prestigieux découverts dans les tombes royales et princières de l’Egypte pharaonique.

Cette exposition bénéficie de l’expertise de la commissaire Christiane Ziegler, directrice honoraire du Département des Antiquités Egyptiennes du Musée du Louvre.

Chaque été, le Grimaldi Forum Monaco produit une grande exposition thématique,

consacrée à un mouvement artistique majeur, à un sujet de patrimoine ou de civilisation, à une collection publique ou privée, à tout sujet où s’exprime le renouvellement de la création.

Une occasion de mettre en valeur ses atouts et ses spécificités : offrir un espace de 3 200 m² pour créer en toute liberté, mettre au service de la scénographie les outils technologiques les plus performants, s’appuyer sur les meilleurs spécialistes dans chaque domaine afin d’assurer la qualité scientifique de ses expositions.

l’Or des Pharaons, 2500 ans d’orfèvrerie dans l’Egypte ancienne propose de réunir plus de 150 chefs d’œuvre du musée du Caire présentant une série d’ensembles prestigieux découverts dans les tombes royales et princières de l’Egypte pharaonique.

Des découvertes aussi fabuleuses que celles de la tombe de Toutankhamon ou les trésors de Tanis n'ont pas manqué de renforcer ce mythe. De même que les trésors enfouis dans les tombeaux des pharaons appartiennent à notre imaginaire collectif, ces bijoux d’or souvent rehaussés de pierres de couleurs intenses : lapis

lazuli bleu foncé, feldspath vert, cornaline rouge, et ces vases façonnés dans l’or témoignent du faste de la vie des rois et de leurs courtisans.

Les plus anciens datent de la première dynastie avec les bracelets du roi Djer découverts dans sa tombe d'Abydos. L'orfèvrerie du temps des pyramides est illustrée par les bijoux d'or du roi Sekhemket provenant de sa pyramide de Saqqaraet un ensemble ayant appartenu à la reine Hetephérès, mère de Khéops, enterrée au pied de la grande pyramide de Giza; on admirera particulièrement ses bracelets d'argent, le métal le plus prisé, incrustés de papillons.

A Dachour et Illahoun, les pyramides des souverains de la XIIème dynastie ont livré des parures appartenant à des princesses de la famille royale : pendentifs «pectoraux» ajourés, ceinture d'orfèvrerie et délicats bracelets témoignant du raffinement de cette époque qui est considérée comme l'apogée de la joaillerie égyptienne.

Avec l'ensemble de la reine Iahhotep, mère du pharaon Amosis, découvert dans la

nécropole de Dra Abou'l Naga, sur la rive Ouest de Thèbes, s'ouvre le Nouvel Empire: miroir à disque d'or, lourds bracelets, collier «large» illustrent la magnificence de la période.

Malheureusement les tombes de ces grands souverains creusées dans les falaises de la 4 Vallée des Rois ont été pillées sans scrupule dès l'Antiquité. On peine à imaginer les trésors évanouis que recélaient les tombes de grands monarques tels Chéops, Thoutmosis III ou Ramsès II... Une parure ouvragée, diadème et boucles d'oreilles, appartenant à un enfant royal de la XXème dynastie provient d'une cachette du même lieu. Et s'il ne comporte pas de bijoux remarquables, le mobilier funéraire de Youya et Touyou, beaux parents d'Amenhetep III, qui eurent le privilège d'être inhumés dans la Vallée des Rois est véritablement royal : sarcophage, masques funéraires et meubles plaqués d'or.

Les sépultures royales découvertes en 1939 à Tanis dans le delta ont fourni une masse de bijoux et d'orfèvrerie datant des environs de l'an 1000 avant J.C.

En effet, Psousennès Ier et Chéchonq II, Pharaons peu connus, avaient emporté dans leur tombe des trésors qui rivalisent avec celui de Toutankhamon : sarcophage d'argent, masques d'or, bijoux, vases précieux... Ainsi s’achève chronologiquement notre parcours, les tombes des souverains postérieurs n'ayant pas été identifiées à l'exception de celles des pharaons d'origine soudanaise qui se feront enterrer dans leur pays.

Au delà d’une présentation de somptueux ensembles illustrés de documents retraçant leur découverte, l'exposition interroge également le statut de ces œuvres qui sont une des formes d'expression artistique les plus anciennes et les plus universelles ; ce qu'elles nous révèlent sur l'identité, la valeur, le rite, le corps, sur leur importance sociale et économique.

Réservés à une élite, et en premier lieu aux dieux (offrandes, matériel liturgique, obélisques, éléments d’architecture des temples plaqués d'or ... etc.), l'orfèvrerie et les bijoux portés par les hommes comme par les femmes sont des attributs du pouvoir, parfois un signe d'extrême distinction.

Ces bijoux sont dotés d'une grande valeur marchande dans une société qui ignore alors la monnaie (d'où le pillage des tombes dès la plus haute antiquité) et d'une exceptionnelle valeur magique (liée à leur matériau, leur couleur et leur décor).

La production de cette joaillerie met en œuvre l’emploi de matériaux précieux et la maîtrise de techniques élaborées, une chaîne humaine hiérarchisée qui va du pharaon, seul possesseur des richesses du pays, au modeste «fabricant de colliers» en passant par les escouades de mineurs et les scribes comptables de l'or.

D’une portée hautement sacrilège, le pillage des tombeaux royaux est également abor dé dans l’exposition. Une exceptionnelle documentation sur papyrus relate les nombreux procès ayant eu lieu dès la fin du Nouvel Empire.

Elle concerne les temples thébains et les tombes de la Vallée des Rois, avec force détails sur les gangs de voleurs, la corruption des plus hauts responsables, la description des pillages, la quantité d'or arraché et fondu avant d'être réparti entre les complices.

Certaines tombes échapperont toutefois à la convoitise des pilleurs révélant ainsi des pièces insignes qui figurent parmi les plus éblouissantes pièces d’orfèvrerie qu’ait livrées l’Egypte ancienne.

 

L’Or des Pharaons, Grimaldi Forum Monaco
7 juillet — 9 septembre 2018 .

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