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dimanche, 5 avril 2020
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Un Tsar en France

Elena Iakounine, traduction de Davis Nyembo12:07, 12 juin 2017Russie IciImprimer

Cette année-là, la France et la Russie célèbrent trois cent ans de relations diplomatiques.

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© château de Versailles, Didier Saulnier

Il y a eu des guerres, il y a eu des alliances. Napoléon à Moscou et Alexandre Ier à Paris. La guerre de Crimée et le corps expéditionnaire russe défendant la France des Allemands lors de la Grande Guerre. Tous ces éléments font partie du passé historique commun des deux pays. Ce sont les différentes pages d'une même histoire.

Pierre le Grand a écrit, en 1717, le premier chapitre diplomatique, grâce auquel, contre vents et marées, nos pays développent progressivement une coopération mutuelle.

Le Congrès pétrovien international, qui s'est tenu cet avril à Paris, était consacré à cette date.

L'exposition à Versailles est l'événement le plus médiatisé de l'été.

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© Château de Versailles, Didier Saulnier

Pendant sa courte visite à Versailles, le président russe, V. Poutine, a officiellement inauguré, avec son homologue français, E. Macron, l'exposition « Pierre le Grand, un tsar en France. 1717 » au Grand Trianon.

« Il était important pour nous que l'exposition ne porte pas seulement sur le tsar russe, mais sur Pierre Ier en France, sur la manière dont il a passé ses deux mois dans notre pays, sur ce qu'il a fait et ce qu'il a ramené de chez nous », déclare Gwenola Firmin, curatrice principale de l'exposition.

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Jean-Marc Nattier Pierre Ier, tsar de Russie 1717 huile sur toile Saint- Pétersbourg, musée d'Etat de l'Ermitage © Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg, 2017

Lorsque deux grandes institutions mondiales, à savoir, les musées de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg et de Versailles à Paris, concluent une alliance artistique, cela donne une exposition aux objets uniques, qu'il serait difficile de voir ensemble ou un à un dans d'autres conditions.

Pierre le Grand s'est sincèrement et profondément intéressé à la France, pays avant-gardiste dans les domaines de la science et des inventions techniques, de la production industrielle et des arts.

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© Château de Versailles, Didier Saulnier

Les ateliers et manufactures, l'Académie des sciences, l'Hôtel des Invalides, l'Observatoire, l'Hôtel de la Monnaie, le Jardin des plantes, l'Académie royale de peinture et de sculpture, aucune de ces institutions françaises importantes n'a été oubliée du tsar. Il en a même visité certaines plusieurs fois.

Toujours avec un bloc-notes et un crayon sur lui, il faisait constamment des croquis et esquisses en tout lieu. Il a laissé ses croquis de Versailles et de Marly, entre autres, à ses descendants. Ce crayon est la pièce de collection la plus précieuse qu'il aurait été vraiment regrettable d’abîmer lors du transport. En effet, à l'époque, les mines graphites coûtaient extrêmement cher et étaient le compagnon de voyage inestimable des personnes issues de la haute société. Ainsi, le crayon personnel du monarque, habituellement conservé à l'Ermitage, et avec lequel il a réalisé de nombreux dessins, est actuellement exposé au Trianon.

La boulimie des innovations se manifestait chez le tsar à chaque étape. « Il avait la capacité de s'approprier ce qu'il y avait de mieux dans chaque pays », raconte Gwenola Firmin.

Il recevait des cadeaux diplomatiques, comme par exemple, à la manufacture des Gobelins. Mais Il s'achetait aussi des affaires, telles que des livres sur diverses sciences ou des instruments d'optique.

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© Château de Versailles, Didier Saulnier

Il touche particulièrement les Français, non seulement parce qu'il avait étudié de près leurs instruments médicaux, ou parce qu'il dépensait beaucoup d'argent pour les acheter, mais parce qu'il savait arracher les dents.

Pierre le Grand n'a pas seulement écrit sur papier tout ce qu’il y avait d’important à retenir selon lui, mais il a faits venir des meilleurs spécialistes à Saint-Pétersbourg.

Jean-Marc Nattier, peintre de la cour de la famille des ducs d'Orléans, puis plus tard de Louis XV, a été envoyé par l'empereur à la Haye, où l'attendait Catherine Ire.

Deux ans plus tôt, un artiste inconnu avait réalisé un portrait sur l'émail du monarque russe. Ce médaillon a été transporté du Louvre au Trianon.

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Anonyme, d'après Godfrey Kneller Médaillon avec le portrait de Pierre Ier Vers 1715 Peinture sur email Paris, musée du Louvre département des Arts graphiques © RMN — Grand Palais (Musée du Louvre) / Martine Beck-Coppola

L'exposition se termine en apothéose, par le chef-d’œuvre de Rastrelli, un buste en bronze de l'empereur, véritable joyau du monde de l'art du XVIIIe siècle.

Commencé pendant la vie du Tsar, ce portrait en bronze, a réussi à parfaitement retranscrire cette énorme charge, qui reposait sur ses puissantes épaules.

Versailles. Grand Trianon. Jusqu'au 24 septembre 2017.

Plus d'information: http://www.chateauversailles.fr/actualites/expositions/pierre-grand-tsar-france-1717

Sur le même sujet:
Les Itineraires Europeens De Pierre Le Grand
Tenue du Congrès international pétrovien à Paris

Un commentaire

  1. Bernard Grua dit :

    Exposition sponsorisée par Gazprom, Groupe Louis Dreyfus, Total et Novatek. Il faut peut-être y voir une dimension autant économique que culturelle.

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