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lundi, 30 novembre 2020
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Souvenir de Maria Ivanovna Lifar

Le directeur, les fondateurs, collaborateurs et amis de la MRE Soljenitsyne12:30, 21 février 2017Russie IciImprimer

Le 19 février, Maria Ivanovna Lifar, notre compatriote, amie et donatrice de la Maison des Russes à l’étranger — Soljenitsyne nous a quittés. Nous nous joignons à la douleur de la famille et des amis de Marie Ivanovna et de tous ceux qui ont eu la chance de connaître cette incroyable, lumineuse et noble personne.

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Maria Ivanovna est née en France en 1924 dans une famille d’émigrés russes de la Première vague. Sa mère, Maria Davydovna, est la petite-fille d’Ivan Alekseevich Orlov, héros de la guerre Patriotique de 1812 et la fille d’un général de deux empereurs : Alexandre II et Alexandre III. Son père, Ivan Ivanovitch et son grand-père Ivan Danilovitch Popov étaient officiers de l’armée tsariste et ont participé à la Première Guerre mondiale et au Mouvement blanc.

Alors jeune fille, Maria Ivanovna venait en aide aux émigrés russes de la maison de retraite de Sainte-Geneviève-des-Bois. Dans les années trente et durant les années d’après-guerre, avec son mari Léonid Mikhaïlovitch Lifar, dont le frère était le célèbre chorégraphe Serge Lifar, elle agissait en tant que secrétaire en aidant à conserver les archives du chorégraphe lors de ses nombreux voyages.

Leonid Lifar travaillait dans une imprimerie et publiait avec Nikita Alekseevitch Struve les œuvres des émigrés russes et des « tamizdats » soviétiques. Maria Ivanovna recevait souvent des colis clandestins : des manuscrits cachés dans des boîtes à bonbons qu’elle livrait à des éditeurs.

Elle figurait parmi les premiers adeptes de la première édition de «L’Archipel du Goulag» d’A. Soljenitsyne. Beaucoup de livres rares se trouvaient dans la bibliothèque familiale des Lifar.
Après la mort du mari de Maria Ivanovna, un certain nombre d’œuvres rares ont été offertes à la Maison des Russes à l’étranger-Soljenitsyne (MRE). Dans les archives de la Maison se trouvent des dons de Maria : le masque posthume de F. Chaliapine, le dessin à l’aquarelle d’un grand chanteur, des livres publiés par Serge Lifar à l’occasion du centenaire de la mort d’A.S.Pouchkine.

Sa bonté envers toutes les personnes qui s’intéressaient à l’histoire de l’émigration russe était incroyable. Maria Ivanovna et sa fille Elena recevaient chez elles les collaborateurs de la MRE.
Avec Irina Ivanovna Turovérov, Maria Ivanovna est venu en aide à Victor Leonidov afin de recueillir des documents concernant la biographie et les poèmes de Nikolái Turovérov. Elle a fait don à Tamara Prikhodko du catalogue de l’exposition de 1937 organisée par Serge Lifar à l’occasion du 100ème anniversaire de la mort d’A.S. Pouchkine. Elle racontait également, d’après les mémoires de sa mère, l’histoire des Orlov-Popov qui se reflète dans la publication « La douceur digne face aux rigueurs de l’existence » (journal « Autres rives» n°4 (32) 2013)

Maria Ivanovna et sa fille Elena se rendaient régulièrement à la Maison des Russes à l’étranger. Nous nous souvenons du discours de Maria Ivanovna lors de la conférence donnée à l’occasion du 200ème anniversaire de la bataille de Borodino, lors des rencontres entre les compatriotes de la MRE et de la maison d’édition « La voie russe». Lorsque Maria Ivanovna a entendu parler d’un projet de monument dédié aux participants de la Grande Guerre de 1914 à Moscou, elle a tenu a participer à sa construction en puisant dans ses biens et sa retraite. Toujours de bon cœur, elle est souvent venue en aide aux compatriotes de la maison de retraite, et même à un âge avancé, elle s’occupait des sépultures non seulement de familles, mais aussi d’amis et des voisins au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois.

Maria Ivanovna était toujours vivement intéressée par les actualités de Russie et de notre Maison. Discuter avec elle était toujours une grande joie et elle nous enrichissait de nouvelles connaissances. Difficile désormais d’accepter le fait que nous ne verrons plus Maria Ivanovna que sur la photo exposée dans la galerie de nos donateurs. Mais son souvenir sera toujours dans notre mémoire et nous attendons des admirateurs de nos collections une grande contribution en hommage à l'œuvre de notre compatriote Maria Ivanovna Lifar. Nous lui dévouons une immense gratitude et un souvenir éternel.

Les funérailles auront lieu le 24 février au cimetière de Sainte Geneviève-des-Bois. Le service funéraire aura lieu à 15h00 au cimetière de l’église Notre-Dame de l’Assomption.

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