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dimanche, 5 juillet 2020
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De l’Europe à l’Afrique en 35 minutes

Texte, photos et vidéo: Elena Iakounine, traduction de Alison Périé0:11, 3 décembre 2017ImagesImprimer

Ville cosmopolite, ville des intellectuels, ville du monde… tous ces termes désignent Tanger, dont le destin ne ressemble à aucun autre.

Dans les années 1920, lorsque le Maroc s’est affranchi du protectorat de la France et de l’Espagne, Tanger a acquis le statut de zone internationale contrôlée par six ( !) états européens. C’est seulement en 1956 que la ville est rattachée au Maroc.

Cette zone internationale attirait les gens les plus divers, et les plus créatifs. Rien de surprenant : dans la ville, on vivait librement et la vie suivait paisiblement son cours. On notera que les allègements fiscaux ont beaucoup contribué à tout cela. De plus, se rendre à Tanger depuis Barcelone était un vrai jeu d’enfant, tout comme aujourd’hui d’ailleurs. 35 minutes séparent le quai du vieux port de la capitale catalane. De plus, les côtes espagnoles sont bien visibles depuis Tanger.

Pour se déplacer à l’intérieur de Tanger, la seule solution pour pleinement apprécier cette ville située sur le continent africain et contrôlée depuis des siècles par les européens, c’est encore de marcher à pied.

Le mélange des cultures se remarque non seulement dans l’architecture de la ville, mais aussi dans les coutumes, les comportements, les passe-temps… et les vêtements.

Le grand quai de Tanger est la promenade principale de la ville, là où les petits citadins jouent sous la surveillance de leur mère, où les touristes et les jeunes peuvent se balader.

Le soir, il y a un bel éclairage, une fontaine aux milles couleurs. Beaucoup de cafés sur le trottoir. Parmi eux, on retrouve un nom très familier : Odessa. Cela signifie donc que des russes sont présents là-bas.

En parlant avec la population locale, on apprend que les marocains iraient volontiers étudier en Russie, lointaine et froide, et pas seulement dans la capitale. Par exemple à Astrakan, réputée pour être la capitale du caviar (c’est ce que m’a expliqué une jeune femme qui connait bien le sujet, et dont le frère étudie actuellement pour être dentiste dans une ville située sur la Volga).

Le touriste continue forcément sa promenade vers le boulevard Pasteur. Cela le mènera à un bâtiment absolument superbe, le consulat français sur la place de France. À partir de là, en passant par la rue de la Liberté, la place du 9 avril 1947 n’est pas très loin.

C’est ici qu’Henri Matisse a vécu quelques temps.

En effet, le peintre a fait deux séjours à Tanger, en 1912 et 1913. Il séjournait au « Grand hôtel – Villa de France », l’ancienne propriété du gouverneur français. Depuis la fenêtre de sa chambre, l’artiste peignait les paysages de Tanger. Aujourd’hui, la chambre est devenue un musée. Quant aux peintures de Matisse, un concierge très prévenant qui nous a fait faire un petit tour de l’hôtel nous a appris qu’elles se trouvaient désormais en Russie.

À partir de là, commence le marché du sud particulièrement bruyant, où l’on trouve de tout et de rien, c’est-à-dire absolument tout : du sac à main Gucci aux pommes de terre primeurs (elles paraissent en effet toujours primeurs du fait que la récolte se fait plusieurs fois par an).

C’est juste à côté que se trouve le début de la Médina, la muraille de la vielle ville. Sur celle-ci, on peut vraiment se promener à l’infini. D’étroites ruelles forment un labyrinthe sans fin, où se trouvent des boutiques, des cafés, et des boulangeries-pâtisseries. Les sucreries marocaines aux noix enrobées de miel parfument tout l’avion qui emmène les touristes de Tanger vers l’Europe.

Située à dix kilomètres de la ville, la Grotte d’Hercule est un autre lieu de visite incontournable.

Rien que par son nom, il est clair que le titan lui-même l’a visitée. Hercule était en effet passé par la grotte afin de se reposer après avoir accompli le onzième des douze travaux, dérober les pommes d’or du jardin des Hespérides.

Aujourd’hui, un restaurant de luxe se trouve juste à côté de la grotte. On peut apercevoir à l’entrée, des photos des célébrités qui sont passées par là. La terrasse offre une vue imprenable sur le golfe avec, à gauche, la résidence d’été du cheikh saoudien.

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