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samedi, 16 novembre 2019
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France et la Russie : business malgré les sanctions

Armen Balassanian, traduction de Davis Nyembo0:23, 6 juin 2017PolitiqueImprimer

Durant sa longue histoire, la relation franco-russe a connu des hauts et des bas. La relation diplomatique entre les Etats a été établie en 1717. L'union politico-militaire bilatérale, formée vers la fin du XIXe siècle, est devenue le point culminant de la convergence des deux pays, et est symbolisée par le Pont Alexandre-III à Paris.

Фото: Андрей Федоров, Фонд «Росконгресс»

L'alliance militaire des deux nations a laissé des traces héroïques dans l'histoire de la Première et Seconde Guerres Mondiales. Pendant la période soviétique, les deux pays ont eu une relation particulière, dont Charles de Gaulle était le conducteur. Ce dernier entretenait de bonnes relations avec l'URSS.

La formation d'une Russie démocratique a marqué le début d'une nouvelle étape dans la coopération des deux Etats, coopération qui s'est très bien développée.

Cependant, la controverse sur la Syrie, la crise ukrainienne, ou encore les sanctions contre la Russie ont conduit à une détérioration des relations, menant jusqu'à l'annulation de la visite du Président russe à Paris en octobre dernier.
Mais la France et la Russie ont toujours trouvé un moyen pour renouveler la coopération à un haut niveau.

E. Macron, le nouveau président français, a rendu la visite de travail de V. Poutine semblable à une réception royale. Poutine est le premier leader étranger qu'accueille Macron. L'invitation du chef d'Etat russe et l'accueil solennel soulignent le fait que le leader français comprend l'importance de la relation entre les deux pays, car sans cela, elle ne pourrait pas fonctionner.

Dans son livre « Emmanuel Macron, un jeune homme si parfait », la journaliste Anne Fulda appelle Jacques Attali « un père politique » ou encore « le professeur de Macron ». En effet, c'est lui qui a remarqué l'économiste prometteur de 29 ans et qui l'a invité à sa commission sur la stimulation de la croissance économique. Il l'a ensuite amené à travailler à la banque des Rothschild, puis l'a introduit à François Hollande.

Officiellement, Attali est un philosophe, qui pense que tous les peuples et tous les Etats disparaîtront un jour de la surface de la terre. Mais il a acquis sa grande réputation en tant qu'architecte de l'Europe unie, économiste, ancien président de la banque européenne pour la reconstruction et le développement, conseiller du président Mitterrand, et actif participant à la campagne présidentielle d'Emmanuel Macron.

J. Attali estime toujours que la Russie doit être un allié de la France et considère l'implication de la Fédération russe dans une coopération européenne comme une mission essentielle.

Dans son blog dans le journal « l'Express », dans son introduction sur les sanctions contre la Russie, Attali a écrit que la France doit obligatoirement s'affranchir de l'influence de ceux prêts à inventer un ennemi factice pour la justification de leur existence.

Selon l'économiste, le rôle de la France, est de convaincre ses partenaires européens de discuter avec la Russie, comme si elle était un allié potentiel, et non un ennemi fictif.

Dans une récente interview pour Les Echos, Jacques Attali a déclaré que la France et la Russie « ont intérêt à travailler et réussir ensemble ».

Il voit la Russie comme une nation européenne, et un pays qui, au fil des siècles, est devenu un important partenaire politique, commercial et culturel de la France.

Le politicien est convaincu que la Russie est déjà un important vecteur d'investissements pour la France, car elle se présente comme une immense puissance dans le secteur des énergies, des technologies, des transports, et du tourisme.

Les Echos présentent des données pour l'année 2016 qui démontrent que la France, malgré les sanctions, est passée leader dans les flux d'investissements directs étrangers vers la Russie, pour un total de 2 018 milliards de dollars. Le groupe de grande distribution Auchan, le groupe pharmaceutique Sanofi, le constructeur automobile Renault, le groupe industriel Schneider Electric, et le réseau de magasin de bricolage Leroy Merlin apparaissent comme les plus importants investisseurs français en Russie.

La Russie compte près de 500 entreprises françaises qui investissent dans la Fédération de Russie. Aucune d'entre elle ne l'a quittée à cause de la crise. Grâce à leur implication, d'importants projets se réalisent dans les énergies (Alstom, Total, Electricité de France), l'automobile (Peugeot, Citroen, Renault), l'aérospatiale (Thales Alenia Space, Safran), la construction (Lafarge, Vinci), l'agriculture (Danone, Bonduelle), ou la pharmaceutique (Sanofi, Servier).

Les représentants de nombreuses entreprises françaises ont déclaré à plusieurs reprises que la situation politique ne semblait pas grandement influencer leurs affaires en Russie, et que pour la majorité d'entre eux, la Russie restait leur plus grand et plus important marché.

Lors du dialogue commercial « Russie-France » au Forum économique international 2017 de Saint-Pétersbourg, le directeur général de la Société Générale, Frédéric Oudéa, a pris la parole en disant : «Malgré les sanctions, nous avons pu nous développer et approfondir nos relations avec les grandes corporations et banques russes ». Isabelle Kocher, directrice générale d'ENGIE, a soutenu ses mots en annonçant un soutien de 10 milliards de dollars au projet de développement d'infrastructures pour faciliter la livraison de gaz russe en Europe.

Jacques Attali parle d'une obligation à l'investissement croisé, ce qui existe déjà. Parmi les importants projets d'investissements des entreprises russes en France, on peut citer la SA « la compagnie des chemins de fer russes » qui a acquis 75% des actions de la société de logistique GEFCO, ou le combinat métallurgique de Novolipetsk qui possède une aciérie à Strasbourg.

La France et la Russie peuvent être intéressées à entamer, renouveler ou développer des partenariats dans le domaine de la lutte contre le terroriste ou contre la distribution d'armes de destruction massive, l'écologie, du changement climatique, etc. Il est vrai que les prémisses politiques de telles relations prennent du temps à se développer, mais rien ne peut empêcher le développement d'échanges culturels et scientifiques entre les deux pays, surtout pour une jeune coopération.

Dans l'interview, Jacques Attali parle également de l'importance de mettre en place un programme franco-russe pour les jeunes selon le modèle du programme d'échange d'étudiants et de professeurs « Erasmus ».

La conférence de presse de Poutine et Macron abordait justement ce sujet. Le président français a expliqué qu'il parlait avec son homologue russe de contacts plus étroits entre les jeunes, et entre les représentants économiques et scientifiques des deux pays. La décision a été prise de créer un forum citoyen franco-russe « Le dialogue du Trianon », en référence au palais dans lequel ont négocié les deux présidents.
Tout cela porte à croire que cette première rencontre entre les présidents français et russe marquera le début d'un rétablissement complet des relations franco-russes.

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