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samedi, 16 novembre 2019
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Sommet mondial des présidentes de parlement à Abou Dabi

Elena Iakounine, traduction d'Isabelle Claus0:04, 18 décembre 2016PolitiqueImprimer

Le XIème Sommet des présidentes de parlement s’est tenu à Abou Dabi, capitale des Emirats arabes unis.

Abou Dabi accueillait cette année ces femmes présidentes de parlement, arrivées des quatre coins de la planète pour se rencontrer et échanger des idées. Cette année est une première pour la Russie, qui a enfin pu participer à l’événement. Jusqu’ici, elle ne remplissait pas la condition sine qua non pour prendre part au forum: qu’au moins une branche du pouvoir soit entre les mains d’une femme.

В.Матвиенко и Амаль аль-Кубейси | V. Manvienko et Amal Al Qubaisi

De nos jours, on compte des femmes présidentes de parlement dans pas moins de 52 pays. Ce sont précisément elles qui sont arrivées à Abou Dabi, à l’occasion du forum, et sur invitation d’Amal Al Qubaisi, la première femme dans le monde arabe à être devenue présidente de parlement.

Comme on l’aura deviné, c’est Valentina Ivanovna Matvienko, présidente du conseil de la Fédération, qui représentait la Russie. Elle a eu l’honneur d’intervenir de suite après les discours des représentants du pays-hôte. Elle a saisi cette opportunité pour évoquer la situation actuelle en Syrie, mettant en lumière un état que les médias européens s’efforcent de passer sous silence. Par exemple, les citoyens de l’Union européenne n’ont pas su comment Palmyre s’était libérée, tout comme ils ne savent pas que l’événement fut célébré par un concert symphonique. Les Européens ignorent aussi l’évolution réelle de la situation dans la ville d’Alep.

Ce sommet a rassemblé au total plus de 200 personnes, réunies afin de réfléchir aux moyens de préserver la planète des guerres, des destructions, du terrorisme et des conséquences du changement climatique.

Дарига Назарбаева (слева) Казахстан | Dariga Nazarbayeva (à gauche) Kazakhstan

Ces femmes ont débattu de sujets a priori en rien féminins. Un mot d’ordre est revenu dans nombre d’interventions : « Puisque les hommes ne parviennent pas à créer ce monde de paix, c’est à nous, les femmes, de nous mettre au travail ! ».

C’est cette particularité cruciale qui distingue véritablement ce sommet des précédents. Auparavant, les discussions tournaient autour des thèmes de l’égalité des genres, de la lutte contre les violences sexuelles, de l’éducation des femmes et de la santé publique.

On se souviendra de ce XIème forum pour la hauteur de ses débats, dorénavant orientés vers des problématiques globales.

Et l’un des problèmes majeurs demeure la lutte contre le terrorisme. Ce forum a donc permis d’évoquer le mal mondial, et cette question a été abordée au cœur même du monde arabe, ce qui lui donne une profondeur sans précédent.

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Au seuil d’un nouveau monde, d’une grande complexité

Et chacun de nous est contraint de vivre dans ce monde. Les femmes doivent participer aux résolutions des problèmes de sécurité, de migration et de changement climatique. Elles sont plus que concernées, notamment car la moitié de l’humanité se constitue en fait de femmes et donc de mères, de sœurs et d’épouses. Il faut conduire les femmes à des postes de dirigeants. Elles sont destinées à s’engager dans les processus des grands de ce monde.

C’est cet état d’esprit qui incarne les journées du forum.

La présidente du Conseil national fédéral des Emirats arabes unis, la jeune et frêle Amal Al Qubaisi, est animée d’une volonté de fer. Cette année, elle a atteint un record en termes de participants. Elle a su convaincre chacune de ces femmes de mettre de côté leurs propres affaires pour la rejoindre elle, à Abou Dabi, car il n’y a rien au monde de plus important que l’avenir des futures générations.

Амаль аль-Кубейси |Amal Al Qubaisi

« Nous sommes un jeune pays, a rappelé Al Qubaisi lors de l’inauguration, né de la réunion de sept émirats en fédération. Et nous avons déjà montré dans quelle mesure il est possible de progresser ensemble. L’union renforce chacun de nous, elle permet de se développer. Les problèmes se résolvent alors ensemble : en communiquant on trouve forcément un consensus ». Selon elle, c’est cet équilibre entre intérêts nationaux et intérêts mondiaux qui doit mener au développement pacifique des tendances mondiales.

« Le futur n’est ni un luxe ni une prérogative d’un seul pays, a déclaré l’oratrice de talent Al Qubaisi. Sommes nous ceux qui changeons l’avenir, ou bien c’est lui qui nous transforme ?

Nous ne voulons pas être ceux qui créent des difficultés aux générations futures. Les femmes sont le cœur de la société, d’instinct elles défendent leurs enfants, et c’est dans cette optique qu’elles investissent dans un monde pacifique. Le monde actuel se trouve à un carrefour historique, à une étape fondamentale de son évolution. Notre devoir est de le modifier de manière positive, et de procéder à cette transformation heureuse au sein de toutes les couches de la société. Il faut aussi faire en sorte que les dirigeants travaillent aux côtés de leur peuple ».

Sécurité et prospérité des Emirats arabes unis : un exemple pour d’autres 

Tels sont les termes du président de l’Union interparlementaire Saber Chowdhury, prononcés lors de l’ouverture du forum. Et on ne peut qu’acquiescer à une telle affirmation.

90% du pétrole des Emirats arabes unis sont extraits à Abou Dabi. Cette région, désertique, n’est pour autant pas épargnée d’autres soucis, notamment en matière d’eau. Si un litre d’essence coûte 2 dirhams, une bouteille d’eau de seulement 50 cl revient à 5 dirhams. Au pied de chaque arbre de la capitale, qui est donc par ailleurs très fleurie, se trouve un système d’arrosage. Et pour cause, l’été à Abou Dabi est pour ainsi dire privé de la moindre goutte de pluie, c’est-à-dire du mois d’avril jusqu’au mois de novembre. Par ailleurs, les températures d’ici peuvent atteindre jusqu’à 52 degrés.
Dans de telles conditions, il est tout simplement impossible de faire pousser quoi que ce soit. Rien que le fait de sortir dans la rue demande un effort. La chaleur est si intenable que même les arrêts d’autobus sont climatisés.

Остановки автобуса с кондиционером | Les arrêts d’autobus climatisés

Le 2 décembre dernier les Emirats arabes unis ont fêté les 45 ans de leur union. Avant leur apparition, en lieu et place où s’érigent désormais gratte-ciel et parcs, une zone désertique s’étendait jusqu’à la mer. Tout ce que voient désormais les touristes, qui arrivent en masse à Abou Dabi, a été donc créé en l’espace de 45 ans.
La région est certes bien pourvue en pétrole, mais elle ne possède rien d’autre (à l’inverse d’autres pays, connus non seulement pour leur or noir, mais aussi pour la diversité de leurs minerais et autres richesses).

Всемирный торговый центр Абу-Даби | VTC d'Abou Dabi

D’ailleurs, si auparavant 100% des revenus du pays allaient à l’or noir, la situation est de nos jours bien différente : ce taux a considérablement chuté. Désormais, les investissements vont au tourisme, à l’immobilier, aux clubs sportifs, à l’éducation et à la culture.

De nouvelles universités apparaissent, car le développement des hautes technologies est de nos jours fondamental. Le pays a besoin de spécialistes, capables d’innover dans le secteur des hautes technologies. Par ailleurs, aux Emirats arabes unis, 70% des lycéens intégrant un établissement de l’enseignement supérieur sont des femmes.

L’immense campus de la Sorbonne prend place en banlieue de la capitale. En 2010, une filiale de l’Université de New-York s’est aussi ouverte.

Sur « l’île des musées », on construit actuellement le Louvre d’Abou Dabi, le musée Guggenheim, et le Musée National Zayed. On croise sur ce « chantier du siècle » les stars mondiales de l’architecture que sont Norman Foster, Jean Nouvel et Frank Gehry. Sur une autre île prennent désormais place un circuit de formule 1 et le parc « Au royaume des Ferrari ».

 

« Le jour où l’on puisera la dernière goutte de pétrole sera jour de fête et non de lamentations » a déclaré le ministre suppléant des Emirats arabes unis Saif Bin Zayed. Il voulait manifestement signifier ainsi que l’épineuse question de la substitution du pétrole va être réglée.

Le manque de ressources se fera sentir dans 50 ans

La guerre de l’eau n’a rien de fantaisiste, elle est au contraire une réelle menace. Dans 50 ans nous serons 10 milliards sur terre, d’où cette interrogation  vitale : où donc trouver l’énergie et les vivres nécessaires à la survie de chacun?

« Si on prend les bonnes décisions maintenant, alors on peut encore espérer en l’avenir. Le principal devoir de pareilles manifestations est désormais d’élaborer des moyens de développement durable », c’est en ces termes que le président de l’Union interparlementaire a défini la thématique du forum.

La présence du grand imam Ahmed Al Tayeb fut inattendue, et son intervention remarquée.

« Depuis toujours, partout dans le monde, bien des préjugés sont répandus envers l’islam. L’un d’eux voudrait que, d’après l’islam, la femme est une sorte de bien, de propriété que l’on peut acquérir ». C’est en ces termes que le grand imam de l’université du Caire Al-Azhar a commencé son discours, pour continuer ainsi « et entre parenthèses, ce monde-là ne reconnaissait pas lui-même l’égalité entre les sexes.

Mais il existe un islam historique. Le prophète affirmait que l’homme et la femme sont égaux, et qu’aucun des deux n’est meilleur que l’autre. Les coutumes actuelles sont apparues bien avant le Coran, elles sont le résultat de siècles de traditions. Le modèle de développement occidental n’est en rien idéal, et il convient donc de ne pas le reproduire aveuglément.
Cependant, certains points forts de l’Occident sont indéniables, notamment en termes de développement des sciences et de la haute technologie. Mais il est aussi indispensable de conserver des valeurs morales. Il est également essentiel de réfréner les bas instincts et de ne jamais céder à des pulsions bestiales.

D’autre part, on ne peut pas tolérer que l’enseignement soit en totalité géré par des organisations commerciales.  L’enseignement doit demeurer une affaire d’Etat. Enfin, les technologies génétiques ne sont pas sans risques. Il faudrait élaborer des instruments capables de contenir les nouvelles technologies, afin qu’elles n’agissent que dans l’intérêt de l’être humain ».

В ОАЭ рождественские символы на каждом шагу

Les intervenants du forum ont évoqué la misère comme un vecteur de crimes, de radicalisation et de terrorisme. Les futurologues présents au forum, invités pour la première fois à participer à cette rencontre, étaient eux aussi de cet avis. L’anglais Raymond Hammon affirme : « Selon le calcul le plus général, on compte actuellement deux millions de personnes sur Terre vivant dans des conditions d’extrême pauvreté. Il est urgent de les intégrer à la société si l’on veut éviter qu’elles ne se transforment en terroristes. »

Attardons-nous maintenant sur quelques interventions positives.

« Au Pérou, les autorités ont endigué le problème de la cocaïne » a déclaré Salgado Rubianes, la présidente du Congrès de la République du Pérou. « Nous avons modifié la législation : auparavant, un présumé trafiquant ne pouvait être détenu que 24 heures, et désormais, cette détention peut atteindre un mois entier. »

A la fin du sommet, Akdja Nurberdyeva, actuelle présidente du parlement du Turkménistan, a « ranimé » les délégués exténués. Elle a pris la défense du sexe fort en affirmant « Les hommes nous sont d’un grand secours. On ne peut pas manifester contre les hommes. Au Turkménistan, tout le monde vit en bonne entente, dans un climat d’amitié. Dernièrement, 1600 personnes, de 26 nationalités différentes, ont obtenu la nationalité turkmène. Le nom même de notre capitale, Achgabat, se traduit comme la ville de l’amour» .

Делегация Туркменистана

 

La délégation féminine du Turkménistan, composée entre autres de la ministre des tapis, d’une députée de région, de la présidente d’association syndicale, de la présidente du parti et de la rédactrice en chef du journal, a déclenché une avalanche de flashs : et pour cause, ces femmes étaient tout simplement splendides dans leurs vêtements nationaux.

Ce sommet a donné naissance à la « Déclaration d’Abou Dabi », qui rassemble les principaux thèmes abordés par ces femmes présidentes de parlement lors de ce rassemblement. La principale mission est de créer une société telle que la désire le peuple. Pour cela, la paix et la sécurité dans le monde sont tout simplement indispensables, tout comme le respect du citoyen, qu’il soit homme ou femme.

Le principal objectif est de garantir le bonheur. A ce propos, rappelons que les Emirats arabes unis sont les seuls au monde à avoir un ministère du bonheur. Il est indispensable de développer une société inclusive, qui intègre, et qui serait donc dénuée de toutes formes de discrimination, concernant l’âge, le sexe, la confession, l’origine ou l’appartenance sociale. Autre objectif à atteindre : que chaque parlement veille à l’égalité des genres sur le marché du travail, dans le domaine économique et au niveau de l’accès à l’éducation.

Il est important d’établir un plan d’action, afin de permettre un développement pérenne, et de pouvoir réagir à temps et d’anticiper toutes formes de menaces.

A maintes reprises déjà les femmes ont prouvé qu’elles étaient capables de tout. En échangeant aujourd’hui des pratiques avant-gardistes, en faisant part de leur expérience et en s’associant sur des projets communs, les femmes peuvent de nos jours encore renverser la vapeur !

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