Меню

Русский очевидецL'Observateur russeФранцузская газета на русском языке

Menu
mardi, 19 janvier 2021
mardi, 19 janvier 2021

2020. PARIS

Ogoulbibi MARIAS13:11, 24 décembre 2020SociétéImprimer

Cette année gravera dans notre mémoire une blessure très profonde qui ne cicatrisera pas rapidement.

C'est l'année où les fleurs des parcs se sont épanouies puis se sont fanées sans nous, où les pièces exposées des musées ont langui dans la solitude, ont désiré le bruit des pas humains, et où les salles de concert ont été assourdies par le silence.

C’est l’année quand la Seine a pris une belle couleur bleue pour le plus grand plaisir des poissons étourdis par la tranquillité.

Les feux de circulation passaient vainement du rouge au vert, les rues pouvaient être traversées les yeux fermés.

Cette année Paris, le chouchou du public est devenu orphelin du jour au lendemain quand un million de citoyens ont quitté leurs appartements et des millions de touristes sont restés dans leurs pays. Sous les arcades de la rue de Rivoli, les pas résonnaient de loin et des frissons couraient le long de l’échine à la vue des boutiques, cafés, restaurants et hôtels verrouillés à double tour.

Par endroit, des corbeaux gras et effrontés se promenaient, ailleurs quelques sans-abri dormaient, se protégeant avec des couvertures de couleur incertaine.

Les rues de Paris étaient méconnaissables. Les maisons semblaient figées par la surprise : le silence insupportable, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, les avait prises par surprise. Mais pendant un instant, distrait de la réalité, on pouvait en profiter pour admirer et s'émerveiller des idées des brillants architectes et urbanistes qui avaient tracé les contours des avenues et des rues avec une incroyable minutie géométrique.

Le matin, quand nous ouvrions la fenêtre, nous n'en croyions pas nos oreilles ; il y avait des oiseaux qui chantaient au lieu du rugissement des voitures et des motos.

L'année 2020 restera dans l'histoire comme l'année de l'absurdité, l'année qui nous a désarçonnés. Après tout, même pendant les années de guerre, Paris ne s'était jamais arrêté un seul jour : les théâtres étaient restés ouverts, les concerts joués, les défilés de mode organisés ; les gens allaient au restaurant et au café et les universités gardaient leurs portes ouvertes...

L'année 2020 est celle où l'on nous a annoncé l'apparition d'un ennemi invisible mais tout-puissant, qui a mis presque toute la planète à genoux.

Cette année sera longtemps un sujet de discussion pour les journalistes, un thème de recherches pour les historiens. Le temps passera, et nous apprendrons de nombreux détails sur le ressenti de cette année ; nous aurons certainement à frissonner avec les récits des témoins, les histoires de ce qui se passait vraiment derrière les portes closes des hôpitaux, des maisons de retraite, sur la façon dont les personnes âgées sont soudainement parties dans l'autre monde, sans dire au revoir à leurs proches, sans un dernier baiser, sans les rites religieux ...

Mais pour l’instant, en ce jour de fin du second confinement en France, nous voulons tellement croire qu’il suffit de franchir le seuil de la nouvelle année, 2020 et que toutes ses mésaventures resteront dans le passé.

C'est pourquoi nous aimons et attendons le Nouvel An avec impatience.

2021, ne trahis pas nos espoirs !

Photo de l’auteur

 

Un commentaire

  1. АЛМАСБЕК УМИРБЕКОВИЧ ДЖУМАГУЛОВ dit :

    Хорошая и одновременно грустная статья. Синие воды Сены, пение птиц по утрам — это хорошо, обезлюдевший город — это, конечно, плохо...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Envoyer un message
  1. (champ obligatoire)
  2. (e-mail correct)