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L’Observateur russe a participé à la «dictée totale»

13 avril 2014

Hier à Paris s’est déroulée la « dictée totale ». Cette modeste action, soutenue par l’instruction élémentaire, a été inventée par des étudiants enthousiastes de Novossibirsk il y a onze ans et a conquis le monde entier.

Même une statistique froide semble impressionnante : en 2014 ont participé à la « dictée totale » plus de 50 000 personnes, dans 352 villes, sur tous les continents et même dans l’espace puisque le pilote-cosmonaute Oleg Artemyev, ingénieur de bord dans la 39ème expédition de la SSI (Station Spatiale Internationale), a pris part à la dictée. Il semble que savoir lire et écrire soit à la mode.

©Julie Rakitine

A Paris, la dictée s’est déroulée à trois endroits : à la librairie du Globe (lieu principal de rencontre de l’émigration russe), à l’association France-Oural, et au Centre de la Russie pour la Science et la Culture. A la librairie du Globe, c’est Kira Mouratova, une célèbre réalisatrice et scénariste, qui a lu le texte de la dictée.

L’Observateur russe s’est assis derrière un pupitre dans la librairie russe.

Ce sont des écrivains à l’échelle nationale qui ont rédigé les textes de la dictée ces différentes années : Dina Roubina, Zakhar Prilepine, Dmitri Bykov, Boris Strougatski. Cette année, c’est l’auteur Alexeï Ivanov qui s’en est chargé, il est connu grâce au roman Le Géographe a bu son globe. Selon lui, le travail sur le texte de la dictée lui a pris deux mois.

©Julie Rakitine

L’essai d’Ivanov était divisé en trois parties, selon les fuseaux horaires. Les premiers à écrire la dictée se trouvaient en Extrême-Orient ; les seconds dans l’Oural et en Sibérie, y compris là où est né le projet, à Novossibirsk, où Konstantin Khabensky lui-même a lu le texte ; et les troisièmes dans la partie européenne de la Russie et en Europe. Dont Paris.

©Julie Rakitine

Dans la librairie du Globe régnait une joyeuse animation : certains en attendant le début examinaient les règles, d’autres discutaient avec des connaissances, presque tous ceux qui étaient venus se connaissaient et échangeaient des nouvelles. La « dictée totale » a attiré non seulement des humanistes, qui trouvent toujours agréable d’étaler leurs connaissances en belles-lettres, mais aussi des intellectuels russes dans un sens plus large.

Deux adolescents sérieux qui portaient des lunettes, et des pulls à col roulé à la Steve Jobs, examinaient les thèses des candidats et l’équation de Boltzmann en attendant le début de la dictée. A côté, quelqu’un discutait du « géographe » qui avait bu son globe, de si cela valait la peine de le lire, et de si Khabensky était bon dans le rôle principal. Lorsque tous les retardataires se sont installés (il y avait à peine assez de places, ceux qui souhaitaient participer à la dictée étant nombreux), Kira Mouratova est finalement apparue, accueillie par des applaudissements.

©Julie Rakitine

 Les organisateurs de l’action à Paris ont parlé des règles de réalisation et ont montré un clip incroyablement drôle sur la « dictée totale » de cette année. Le direct avec la SSI ; d’où n’a pris part à la dictée qu’un seul astronaute américain, puisque les membres de l’équipage russe avaient trop fêté la Journée de la conquête de l’Espace ; a provoqué un rire homérique dans la salle. De même que la célèbre photo de Dmitri Medvedev dormant lors de l’ouverture de l’Olympiade, avec en signature « Il suffit de fermer les yeux sur l’analphabétisme ».

©Julie Rakitine

Au contraire, le message vidéo d’Alexeï Ivanov était sérieux et touchant. Alexeï Viktorovitch a touché des mots très justes sur le sens de cette dictée : « La « dictée totale » ce n’est pas seulement un moyen de vérifier nos compétences, mais c’est aussi un acte de grande résonnance civile. Quand nous participons à la « dictée totale » c’est comme si on se disait : nous sommes la société, nous sommes la civilisation, nous sommes des gens, nous vivons correctement parce que nous vivons selon les règles. Et la force unie de notre société c’est la langue russe. Vive la langue russe ! »

Kira Gueorguievna a prévenu la salle dès le début, qu’elle n’a jamais été professeur, et que c’est pour cela qu’elle n’est pas tout à fait sûre de comment dicter le texte correctement. Prenant en considération la complexité de la ponctuation de la dictée, cela a ajouté une certaine difficulté pour ceux qui écrivaient, qui lui demandaient sans cesse de répéter telle ou telle partie, mais comme elle lisait le texte – très tendre et très touchant — de façon expressive et sincère, tout cela était largement compensé.

Le texte même de la « dictée totale » était consacré aux souvenirs d’enfance, et du train dans lequel le petit garçon partait en vacances avec ses parents : « Nos papas costauds et puissants couvraient les compartiments à bagages de sacs à dos contenant des sacs de couchage en ouate et des tentes en grosse toile, lourds comme si ils étaient en tôle, et nos mamans naïves, craignant, comme si les enfants ne connaissaient pas les projets des adultes, demandaient en chuchotant : « Et pour un certain soir, on a pris ce qu’il fallait ? » Mon père, le plus fort et le plus gai, pas du tout confus et sans sourire, a répondu : « C’est clair ! Une miche blanche et une miche rouge ».

Comme l’a très bien fait remarquer Alexeï Ivanov, la « dictée totale » a déjà dépassé sa fonction initiale de contrôle des connaissances. Ainsi, beaucoup de personnes qui participent à la dictée en dehors de leur pays, ne viennent pas que pour cela. A Paris, ce sont des émigrants qui aiment toujours et se rappellent de leur langue maternelle, et des étudiants qui apprennent cette langue si difficile qu’est le russe. En dehors de la Russie, la « dictée totale » c’est un lien entre la culture russe, incarnée par la langue russe, et les personnes qui entretiennent ce lien avec elle, peu importe là où ils se trouvent.

 

Julie Rakitine, traduction de Malou Tournebise

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