{"id":204870,"date":"2016-03-02T00:51:00","date_gmt":"2016-03-01T23:51:00","guid":{"rendered":"http:\/\/rusoch.fr\/?p=204870"},"modified":"2017-07-09T21:25:30","modified_gmt":"2017-07-09T20:25:30","slug":"v-chest-yubileya","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/guests\/v-chest-yubileya.html","title":{"rendered":"A l\u2019occasion de la c\u00e9l\u00e9bration de son anniversaire Entretien avec le professeur Nikita Struve"},"content":{"rendered":"<p><strong>Kira Sapguir<\/strong>\u00a0: Cher Nikita Alexe\u00efevitch, permettez-moi de vous souhaiter un bon <a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/lang\/fr\/rus\/nikite-alekseevichu-struve-85.html\">85<sup>e<\/sup> anniversaire<\/a>\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Nikita Struve<\/strong>\u00a0: Il n\u2019y a pas vraiment motif \u00e0 c\u00e9l\u00e9brer\u00a0! 90 ans, \u00e7a, ce serait s\u00e9rieux, et c\u2019est un chiffre rond, mais 85, ce n\u2019est pas grand-chose\u00a0!<!--more--><\/p>\n<p><div id=\"attachment_204871\" style=\"width: 497px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2016\/02\/Glavnaya.jpg\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-204871\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-204871 size-medium\" src=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2016\/02\/Glavnaya-487x379.jpg\" alt=\"\" width=\"487\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/rusoch.fr\/files\/2016\/02\/Glavnaya-487x379.jpg 487w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2016\/02\/Glavnaya-513x400.jpg 513w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2016\/02\/Glavnaya-600x467.jpg 600w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2016\/02\/Glavnaya.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 487px) 100vw, 487px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-204871\" class=\"wp-caption-text\">Photo: Boris Guessel<\/p><\/div><\/p>\n<p><em>K.S : Cela n\u2019en reste pas moins un chiffre important\u2026Mais, si vous le voulez bien, commen\u00e7ons notre entretien. Vous appartenez donc \u00e0 la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de la premi\u00e8re vague d\u2019\u00e9migration russe, ainsi qu\u2019\u00e0 l\u2019une des dynasties de savants russes la plus respect\u00e9e. Avec cela, comme vous l\u2019avez dit dans l\u2019une de vos interviews, vous n\u2019avez \u00ab pas une goutte de sang russe \u00bb. Comme on dirait ici, \u00ab un vrai m\u00e9t\u00e8que \u00bb. Mais votre famille n&#39;en est pas moins un pilier de l&#39;orthodoxie.<\/em><\/p>\n<p>N.S. : En effet, le sang qui coule dans mes veines est un cocktail d\u2019origines diff\u00e9rentes. Ma m\u00e8re \u00e9tait d\u2019origine fran\u00e7aise. Mon anc\u00eatre, l\u2019astronome <em>Wilhelm Struve<\/em>, originaire du Nord de l\u2019Allemagne, a \u00e9t\u00e9 le fondateur du premier observatoire en Russie. Il avait des vues progressistes, un vrai voltairien ! Il y a aussi du sang anglais\u2026l\u2019un de mes anc\u00eatres \u00e9tait un jeune anglais du nom de Heard, qui a \u00e9crit une grammaire russe pour les \u00e9trangers. Mon grand-p\u00e8re, <em>Pierre Struve<\/em> (1870&mdash;1944) \u00e9tait chroniqueur, philosophe, \u00e9conomiste, sociologue et historien, c\u2019est lui l\u2019auteur du \u00ab Manifeste du Parti ouvrier social-d\u00e9mocrate de Russie \u00bb (1898). L\u2019un de ses fils,<em> Gleb Struve<\/em> (1898&mdash;1985) \u00e9tait po\u00e8te et historien de la litt\u00e9rature. En un mot, ce sont des gens qui, depuis la premi\u00e8re moiti\u00e9 du 19e si\u00e8cle, ont particip\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9mergence de la Russie.<\/p>\n<p><em>K.S : Comment conciliez-vous l\u2019appartenance \u00e0 deux cultures en m\u00eame temps ? Ressentez-vous une convergence ou d\u00e9doublement ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : Ni l\u2019un, ni l\u2019autre. J\u2019ai en moi deux grandes cultures europ\u00e9ennes qui existent en parall\u00e8le. L\u2019une est plus rationnelle, l\u2019autre est en quelque sorte plus po\u00e9tique, mystique, et d\u00e8s le d\u00e9part, leur coexistence a \u00e9t\u00e9 pacifique. Dans mon enfance, mon p\u00e8re m\u2019offrait des recueils de po\u00e8mes pour enfants en fran\u00e7ais. Dans ma famille, on parlait russe. Mes enfants parlent aussi le russe, mais l\u2019un d\u2019eux est un grand sp\u00e9cialiste du Japon\u2026Donc il n\u2019y a pas de contradiction. Plut\u00f4t un enrichissement mutuel.<\/p>\n<p><em>K.S. : Depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 50, vous \u00eates \u00e0 la t\u00eate de la fameuse revue litt\u00e9raire et intellectuelle, le \u00ab Messager du mouvement chr\u00e9tien russe \u00bb (devenue \u00ab Messager du mouvement chr\u00e9tien \u00bb \u2013 \u00ab Vestnik khristianskogo dvijenia \u00bb, \u00e0 partir du num\u00e9ro 111). Quand et de quelle fa\u00e7on est apparue cette publication ?<br \/>\n<\/em><br \/>\nN.S. : Le \u00ab Messager \u00bb est n\u00e9 en 1926. Mais cette revue n\u2019\u00e9tait pas litt\u00e9raire au d\u00e9but. \u00c0 l\u2019\u00e9poque pourtant, il y avait de nombreuses revues litt\u00e9raires russes en France, comme le journal philosophico-religieux \u00ab La Voie \u00bb. Notre journal, lui, \u00e9tait le journal du mouvement de la jeunesse chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p><em>K.S. : En Russie, \u00e0 la diff\u00e9rence de la France, les revues litt\u00e9raires ont toujours \u00e9t\u00e9 (et continuent d\u2019\u00eatre) le creuset de l\u2019opinion publique. Ainsi, une publication dans \u00ab Novy Mir \u00bb (Monde nouveau) pouvait souvent constituer une entr\u00e9e magistrale en litt\u00e9rature. Rappelons-nous Une journ\u00e9e d\u2019Ivan Denissovitch\u2026<br \/>\n<\/em><br \/>\nN.S. : Oui et non. La France compte beaucoup de revues litt\u00e9raires et intellectuelles. Il y a la revue philosophique et chr\u00e9tienne \u00ab Esprit \u00bb, dont je me suis en partie inspir\u00e9 en cr\u00e9ant le \u00ab Messager \u00bb. Malheureusement, Internet a r\u00e9duit pratiquement \u00e0 n\u00e9ant leur importance. Nombreux sont ceux qui pensent qu\u2019il faudrait aussi arr\u00eater de publier la version papier de ma revue pour la publier en version \u00e9lectronique. Mais, pour l\u2019instant du moins, je m\u2019y oppose.<\/p>\n<p><em>K.S. : En 1978, vous avez dirig\u00e9 la maison d\u2019\u00e9dition russe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger la plus ancienne, YMCA-Press, qui, comme on le sait, a publi\u00e9 des auteurs comme Ivan Chemliov, Nicolas Berdiaev, Ivan Bounine, Boris Za\u00eftsev, Marina Tsvetaeva. \u00c0 l\u2019\u00e9poque de la \u00ab stagnation \u00bb brejn\u00e9vienne, YMCA-Press \u00e9tait le principal \u00e9diteur du \u00ab tamizdat \u00bb [publication hors des fronti\u00e8res d\u2019une \u0153uvre interdite ou censur\u00e9e - ndt] en provenance d\u2019URSS. Et, bien entendu, la <a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/lang\/fr\/rus\/marii-ivanovne-lifar-90-let.html\">publication par votre maison<\/a> de l\u2019<a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/lang\/fr\/mond\/arxipelag-gulag-vpervye-40-let-nazad.html\">Archipel du Goulag<\/a>, de Soljenitsyne, a eu l\u2019effet d\u2019une bombe\u2026<\/em><\/p>\n<p>N.S. : Oui, j\u2019ai eu de la chance, dans ma vie. Avant m\u00eame l\u2019Archipel, les livres d\u2019<em>YMCA-Press<\/em> \u00e9taient demand\u00e9s en URSS. Au d\u00e9but, nos publications parvenaient \u00e0 travers les ambassades \u00e9trang\u00e8res. Et dans les ann\u00e9es 90, lorsque les temps ont commenc\u00e9 \u00e0 changer, j\u2019ai pu me rendre personnellement en Russie et offrir des livres d<em>\u2019YMCA-Press<\/em> aux biblioth\u00e8ques : des dizaines de millier dans tout le pays ! Ils sont devenus l\u00e0-bas un bien culturel pr\u00e9cieux et je suis tr\u00e8s satisfait d\u2019avoir pu y contribuer pendant le temps qui m\u2019est imparti sur terre\u2026<br \/>\nC\u2019est justement parce que notre maison d\u2019\u00e9dition jouissait d\u2019une renomm\u00e9e s\u00e9rieuse, qu\u2019on estimait qu\u2019elle \u00e9tait solide et avait la confiance du lecteur qu\u2019<strong>Alexandre Soljenitsyne<\/strong> s\u2019est adress\u00e9 \u00e0 moi pour cette publication. Nous attirions la jeunesse qui lisait le Vestnik, qui arrivait en Russie par des voies clandestines. Le m\u00e9rite en revient grandement au p\u00e8re Alexandre Men*, et je veux rendre hommage ici \u00e0 sa m\u00e9moire. Le p\u00e8re Alexandre \u00e9tait entour\u00e9 de nombreux jeunes, qui \u00e9taient \u00e0 la fois courageux et raisonnables. C\u2019est en partie gr\u00e2ce \u00e0 eux que je suis alors entr\u00e9 en contact avec Alexandre Soljenitsyne, quand il \u00e9tait encore en URSS, de fa\u00e7on officieuse, naturellement, et en suivant toutes les r\u00e8gles de la conspiration !<\/p>\n<p><em>K.S. : Vous avez \u00e9t\u00e9 le p\u00e8re fondateur de la \u00ab<a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/lang\/fr\/guests\/domu-russkogo-zarubezhya-20-let.html\"> Maison du Russe \u00e0 l\u2019\u00e9tranger <\/a>\u00bb, \u00e0 Moscou, au sein de laquelle fut fond\u00e9e, il y a 25 ans, \u00ab La Voie russe \u00bb. C\u2019est une filiale d\u2019YMCA-Press, ou bien c\u2019est la m\u00eame maison, mais sous un autre format ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : Au d\u00e9but, \u00ab La Voie russe \u00bb \u00e9tait, dans une certaine mesure, un prolongement d\u2019<em>YMCA-Press<\/em>. Mais avec le temps, cette maison d\u2019\u00e9dition a gagn\u00e9 en ind\u00e9pendance. C\u2019est normal : il y a plus de lecteurs en Russie qu\u2019au sein de l\u2019\u00e9migration ; cette \u00e9migration, d\u2019ailleurs, aussi bien physiquement que dans les faits, n\u2019existe plus**. Cependant, m\u00eame apr\u00e8s 25 ans, cet \u00e9diteur garde tout de m\u00eame quelque chose de l\u2019esprit d\u2019<em>YMCA-Press<\/em>.<\/p>\n<p><em>K.S. : Vous avez \u00e9crit, et vous \u00e9crivez encore sur l\u2019orthodoxie, sur le destin des acteurs de l\u2019\u00e9migration russe en France. On le comprend facilement. Mais qu\u2019est-ce qui vous a men\u00e9 \u00e0 Mandelstam, en dehors de son g\u00e9nie po\u00e9tique ? Est-ce que cela pourrait \u00eatre le fait qu\u2019il ait \u00e9crit \u00ab \u00e0 l\u2019heure actuelle, tout homme cultiv\u00e9 est un chr\u00e9tien \u00bb ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : j\u2019ai \u00e9t\u00e9, et je suis toujours, tr\u00e8s sensible \u00e0 la po\u00e9sie russe. En particulier \u00e0 celle du XXe si\u00e8cle : Blok, Innokenti Annenski, et surtout, \u00e0 celle des deux plus brillants po\u00e8tes, \u00e0 mon sens : <strong>Akhmatova et Mandelstam<\/strong>.<br \/>\nDans les ann\u00e9es 70, je devais choisir un th\u00e8me pour ma th\u00e8se. Au d\u00e9part, j\u2019avais pens\u00e9 \u00e0 Gogol ; quelqu\u2019un m\u2019a conseill\u00e9 d\u2019\u00e9crire sur le m\u00e9tropolite Philar\u00e8te ; mais c\u2019est la po\u00e9sie qui a eu le dernier mot. Et parmi les po\u00e8tes, j\u2019ai choisi <em>Mandelstam<\/em>. En effet, il \u00e9tait dot\u00e9, non seulement d\u2019un talent unique, mais aussi d\u2019une vision profonde et proph\u00e9tique du destin de toute l\u2019intelligentsia russe. En \u00e9crivant ses vers incroyables sur Staline en 1933, il a consciemment sign\u00e9 son arr\u00eat de mort. \u00ab Je suis pr\u00eat pour la mort \u00bb a-t-il confi\u00e9 un jour \u00e0 <em>Akhmatova<\/em>. C\u2019est une chose extr\u00eamement rare, dans la po\u00e9sie mondiale. Ses po\u00e8mes resteront pour toujours.<\/p>\n<p><em>K.S. : \u00c0 la lumi\u00e8re des paroles d\u2019Ossip Mandelstam sur la chr\u00e9tient\u00e9, que pensez-vous de l\u2019id\u00e9e d\u2019unifier les chr\u00e9tiens orthodoxes de l\u2019\u00e9migration russe et les orthodoxes de Russie, et de r\u00e9unir les \u00c9glises orthodoxes ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : \u00catre chr\u00e9tien est une chose. \u00catre du clerg\u00e9 en est une autre. De ce point de vue, l\u2019\u00e9glise embrasse deux aspects : d\u2019un c\u00f4t\u00e9, l\u2019aspect liturgique, spirituel, mystique ; de l\u2019autre, l\u2019aspect institutionnel. Et l\u2019\u00c9glise, d\u00e8s les premiers si\u00e8cles, a \u00ab p\u00each\u00e9 \u00bb, si on peut s\u2019exprimer ainsi, d\u2019institutionnalisme, c\u2019est-\u00e0-dire, en collaborant avec l\u2019\u00c9tat. Et c\u2019est compl\u00e8tement contre-indiqu\u00e9 pour le christianisme. Cela ne lui a peut-\u00eatre pas nuit dans l\u2019histoire, afin d\u2019\u00e9merger, mais dans le temps o\u00f9 nous vivons, c\u2019est une mauvaise chose. L\u2019\u00e9glise orthodoxe a tellement souffert de l\u2019\u00c9tat qu\u2019elle devrait consid\u00e9rer ce dernier avec un grand scepticisme.<\/p>\n<p><em>K.S. : Comment voyez-vous la rencontre \u00ab historique \u00bb, \u00e0 Cuba, de Fran\u00e7ois et de Cyrille ? La rencontre du Pape et du Patriarche ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : Apr\u00e8s tout, pourquoi pas ? Je suis un grand admirateur du Pape de l\u2019\u00e9glise romaine. J\u2019estime qu\u2019il fait justement ce que les orthodoxes ne font pas du tout. Il veut secouer l\u2019institutionnalisme de l\u2019\u00e9glise catholique. Cette \u00e9glise en souffrait beaucoup plus que l\u2019\u00e9glise orthodoxe. L&#39;orthodoxie compte beaucoup d&#39;\u00e9glises autoc\u00e9phales. Le Pape agit avec beaucoup de courage, avec l\u2019inspiration d\u2019un proph\u00e8te, il donne un nouveau souffle \u00e0 l\u2019\u00e9glise. Comme on le sait, il a \u00e9crit au <strong>M\u00e9tropolite Cyrille<\/strong> pour lui dire qu\u2019il n\u2019y avait pratiquement plus de divergences entre catholicisme et orthodoxie, et lui proposer d\u2019unifier compl\u00e8tement leurs \u00e9glises. Mais mon avis est qu\u2019il va un peu vite. Le processus d\u2019unification est un long chemin qu\u2019il faudra parcourir en entier. Mais le document final qu\u2019ils ont sign\u00e9 tous les deux me para\u00eet assez insignifiant. Il n\u2019y a rien l\u00e0 de proph\u00e9tique, justement. Il est par trop long, officiel, que sais-je\u2026<\/p>\n<p><em> K.S. : Est-ce qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque florissante d\u2019YMCA-Press, vous auriez eu envie de publier des auteurs comme Pelevine, Limonov, Prilepine ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : Pas forc\u00e9ment. En effet, nous ne publiions pas d\u2019auteurs secondaires (il s\u2019agit d\u2019une opinion purement personnelle de mon interlocuteur,<em>YMCA-Press<\/em>! \u2013 note de K.S.). Notre objectif premier \u00e9tait de continuer et d\u2019achever la publication du grand h\u00e9ritage religieux et philosophique des penseurs de l\u2019\u00e9migration : Nicolas Berdiaev, L\u00e9on Chestov, Sim\u00e9on Frank, Mikha\u00efl Boulgakov, les \u0153uvres de la m\u00e8re Marie, martyre volontaire, que le patriarcat de Moscou a refus\u00e9 de canoniser, malheureusement. En dehors de cela, et bien, c\u2019est chez nous que fut publi\u00e9 le grand \u00e9crivain russe du XXe si\u00e8cle, Alexandre Soljenitsyne.<\/p>\n<p><em>K.S. : Quel est, d\u2019apr\u00e8s vous, l\u2019avenir de la culture et de la religion dans la Russie d\u2019aujourd\u2019hui ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : C\u2019est difficile \u00e0 dire, car je ne suis pas dot\u00e9 d\u2019un talent de proph\u00e8te. En ce qui concerne la culture en elle-m\u00eame, on a d\u00e9truit la culture en Russie. L\u2019Occident n\u2019a pas tu\u00e9 sa culture.<\/p>\n<p><em>K.S. : Je proteste ! On ne peut pas tuer une culture. Et il y a de nombreux jeunes \u00e9crivains talentueux en Russie. En Occident, d\u2019ailleurs, on parle aussi de la mort de la culture, mais on accuse le num\u00e9rique\u2026 Mais y-a-t-il un espoir de renaissance de la culture ?<\/em><\/p>\n<p>N.S. : Pour l\u2019instant, on ne voit pas de signes d\u2019une renaissance. Mais je r\u00e9p\u00e8te, je ne suis pas proph\u00e8te. En mon temps, j\u2019ai voyag\u00e9 \u00e0 travers la Russie. Avec le <strong>Patriarche Alexe\u00ef<\/strong>, nous avons visit\u00e9 60 dioc\u00e8ses, un grand nombre de r\u00e9gions. J\u2019ai tenu des conf\u00e9rences dans des universit\u00e9s, et j\u2019ai eu alors une opinion plut\u00f4t positive de la jeunesse, qui \u00e9tait tr\u00e8s r\u00e9ceptive. Donc, en d\u00e9pit de certains aspects affligeants, il reste quand m\u00eame un espoir.<\/p>\n<p>* Alexandre Vladimirovitch Men (22 janvier 1935, Moscou \u2013 9 septembre 1990, Semkhoz, r\u00e9gion de Moscou) : archipr\u00eatre de l\u2019\u00c9glise orthodoxe russe, th\u00e9ologien, pr\u00e9dicateur, auteur de livres sur la th\u00e9ologie, l\u2019histoire de la chr\u00e9tient\u00e9 et d\u2019autres religions. Il fut abattu en 1990. Les circonstances, le mobile et le responsable de sa mort n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9lucid\u00e9s \u00e0 ce jour.<br \/>\n** Il est question, bien entendu, de l\u2019\u00e9migration de la premi\u00e8re vague qui reste, semble-t-il, pour <em>N. Struve<\/em>, la seule v\u00e9ritable \u00e9migration.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u00e9sol\u00e9, cet article est seulement disponible en Russe.<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":204871,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[3],"tags":[2508,2517],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204870"}],"collection":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=204870"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/204870\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/204871"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=204870"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=204870"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=204870"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}