{"id":209664,"date":"2017-04-25T00:46:36","date_gmt":"2017-04-24T23:46:36","guid":{"rendered":"http:\/\/rusoch.fr\/?p=209664"},"modified":"2017-06-23T21:23:34","modified_gmt":"2017-06-23T20:23:34","slug":"pikassnaya-dama-dama-pikasso","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/cult\/pikassnaya-dama-dama-pikasso.html","title":{"rendered":"La Dame de Picasso"},"content":{"rendered":"<p>Depuis mars et jusqu\u2019au 3 septembre 2017, au mus\u00e9e Picasso parisien se d\u00e9roule l\u2019exposition \u00ab\u00a0Olga Picasso\u00a0\u00bb en l\u2019honneur du centenaire de la rencontre du peintre et de la ballerine russe.<\/p>\n<p>L\u2019exposition russe pr\u00e9c\u00e8de l\u2019exposition \u00ab\u00a0Pablo Picasso et Olga Khokhlova\u00a0\u00bb qui aura lieu au mus\u00e9e des beaux-arts Pouchkine en octobre 2018 \u00e0 Moscou.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_209667\" style=\"width: 326px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/14.jpg\" rel=\"attachment wp-att-209667\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-209667\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-209667 size-medium\" src=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/14-316x379.jpg\" alt=\"14\" width=\"316\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/14-316x379.jpg 316w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/14-768x920.jpg 768w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/14-334x400.jpg 334w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/14-600x719.jpg 600w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/14.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 316px) 100vw, 316px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-209667\" class=\"wp-caption-text\">Man Ray (Emmanuel Radnitzky, dit) (1890&nbsp;&mdash; 1976) Ricardo Vin\u00e8s, Olga et Pablo Picasso, Manuel Angeles dit Manolo Ortiz au bal du Comte de Beaumont, H\u00f4tel de Masseran, Paris, 1924 Mus\u00e9e national Picasso-Paris Droit auteur : \u00a9 Man Ray Trust \/ Adagp, Paris Cr\u00e9dit photo : \u00a9RMN-Grand Palais (Mus\u00e9e national Picasso-Paris) \/ Mathieu Rabeau<\/p><\/div><\/p>\n<p>Que de centenaires cette ann\u00e9e ! Celui de la r\u00e9volution de f\u00e9vrier, l&#39;\u00abinoubliable\u00bb octobre 2017, ainsi que le 100e anniversaire de la disparition du \u00abp\u00e8re de la sculpture moderne\u00bb, Auguste Rodin.<br \/>\nEt cet \u00e9trange anniversaire : les 100 ans de la rencontre entre le \u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ralissime du cubisme\u00a0\u00bb et la danseuse de ballet de Serge Diaghilev...<\/p>\n<p>Au c\u0153ur du vieux quartier du Marais, sur les deux niveaux de l&#39;h\u00f4tel de la Renaissance Sal\u00e9 o\u00f9 se trouve le mus\u00e9e, on peut voir plus de 350 \u0153uvres de Picasso dans 14 salles d\u2019expositions sur 800 m\u00b2.<\/p>\n<p>Ce sont des peintures, des dessins, des gravures, et m\u00eame des toiles cubistes.<\/p>\n<p>Dans les vitrines, on peut voir des documents jusque l\u00e0 in\u00e9dits, gard\u00e9s depuis toujours par les descendants dans ce qu\u2019ils appellent &laquo;le coffre d&#39;Olga&raquo;.<\/p>\n<p>On y trouve des lettres de Khokhlova \u00e0 Picasso, des tutus de ballerines, des programmes, des \u00e9ph\u00e9m\u00e9rides, des bibelots, une Bible en russe et le plus important\u00a0: pr\u00e8s de 600 lettres venues de Russie. On y trouve \u00e9galement des photos, allant des clich\u00e9s amateurs o\u00f9 on peine \u00e0 distinguer les protagonistes aux chefs-d\u2019\u0153uvre de Man Ray.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_209669\" style=\"width: 272px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/1.jpg\" rel=\"attachment wp-att-209669\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-209669\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-209669 size-medium\" src=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/1-262x379.jpg\" alt=\"1\" width=\"262\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/1-262x379.jpg 262w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/1-768x1113.jpg 768w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/1-276x400.jpg 276w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/1-600x869.jpg 600w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/1.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-209669\" class=\"wp-caption-text\">Pablo Picasso Portrait d&#39;Olga dans un fauteuil Montrouge, printemps 1918 Mus\u00e9e national Picasso-Paris Dation Pablo Picasso, 1979. MP55 Cr\u00e9dit photo: \u00a9RMN-Grand Palais (Mus\u00e9e national Picasso-Paris) \/ Mathieu Rabeau<\/p><\/div><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L&#39;exposition &laquo;Olga Picasso&raquo; repr\u00e9sente l&#39;aboutissement d&#39;ann\u00e9es de recherche dans les archives de ma grand-m\u00e8re paternelle\u00bb, souligne le commissaire de l&#39;exposition Bernard Ruiz-Picasso, fondateur du mus\u00e9e Picasso \u00e0 Malaga.<\/p>\n<p>\u00ab Et elle permet d&#39;enfin faire la lumi\u00e8re sur les ann\u00e9es de vie commune d&#39;Olga et Pablo Picasso.\u00bb<\/p>\n<p>Olga Khokhlova Ruiz Picasso (1891&mdash;1955), est la fille d&#39;un colonel de la ville ukrainienne de Nizhyn, qui r\u00eavait de ballet depuis l&#39;enfance.<\/p>\n<p>Son r\u00eave devint r\u00e9alit\u00e9 en 1912 quand Olga est entr\u00e9e dans la c\u00e9l\u00e8bre troupe de Sergue\u00ef Diaghilev.<\/p>\n<p>On ne peut pas dire qu&#39;elle ai fait des \u00e9tincelles sur sc\u00e8ne. Mais Diaghilev aimait avoir dans sa troupe des jeunes filles \u00ab\u00a0de bonnes familles\u00a0\u00bb. Et \u00e0 l\u2019\u00e9poque comme aujourd\u2019hui, les beaut\u00e9s russes avaient les faveurs des parisiens.<\/p>\n<p>Comme un spectacle, la r\u00e9trospective est construite sur le d\u00e9veloppement de l&#39;image d&#39;Olga dans les \u0153uvres de Picasso, des toiles \u00abn\u00e9o-classiques\u00bb jusqu&#39;\u00e0 un ballet cubiste et surr\u00e9aliste.<\/p>\n<p>Dans la salle n \u00b0 1, l&#39;exposition s&#39;ouvre sur un mur sur lequel les visiteurs voient la jeune femme tranquillement assise dans un fauteuil avec un livre ou de la couture dans la main: Olga Khokhlova \u00e9tait une beaut\u00e9 du sud avec un visage en ovale et des yeux ronds et sombres et le regard doux.<\/p>\n<p>Pablo a rencontr\u00e9 Olga dans la Ville \u00e9ternelle au printemps 1917.<\/p>\n<p>Jean Cocteau et Eric Satie lui avaient demand\u00e9 de faire les d\u00e9cors et les costumes du ballet r\u00e9volutionnaire \u00ab\u00a0Parade\u00a0\u00bb pour les troupes de Diaghilev.<\/p>\n<p>Picasso est parti avec le ballet russe \u00e0 Rome, o\u00f9 il fait la connaissance du metteur en sc\u00e8ne du ballet \u00ab\u00a0Parade\u00a0\u00bb L\u00e9onide Massine et d\u2019Olga Khokhlova.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_209671\" style=\"width: 318px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/19.jpg\" rel=\"attachment wp-att-209671\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-209671\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-209671 size-medium\" src=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/19-308x379.jpg\" alt=\"19\" width=\"308\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/19-308x379.jpg 308w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/19-768x946.jpg 768w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/19-325x400.jpg 325w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/19-600x739.jpg 600w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/19.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 308px) 100vw, 308px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-209671\" class=\"wp-caption-text\">Pablo Picasso Femme lisant,1920 Grenoble, mus\u00e9e de Grenoble Photographie \u00a9 Mus\u00e9e de Grenoble<\/p><\/div><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Parade\u00a0\u00bb, le spectacle qui d\u2019apr\u00e8s Guillaume Apollinaire est \u00ab\u00a0plus v\u00e9ritable que la r\u00e9alit\u00e9 elle-m\u00eame\u00a0\u00bb a fait un \u00e9norme scandale, sa seule repr\u00e9sentation (le 18 mai 1917), au th\u00e9\u00e2tre parisien du Chatelet a presque termin\u00e9 au pugilat\u00a0!<\/p>\n<p>Les critiques ont \u00e9crit dans un article d\u00e9cha\u00een\u00e9 que le \u00ab\u00a0ballet russe\u00a0\u00bb allait d\u00e9praver la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise au milieu d\u2019une guerre si d\u00e9vastatrice.<\/p>\n<p>\u00c0 ce moment l\u00e0, Picasso se trouvait sous la surveillance attentive des autorit\u00e9s fran\u00e7aises qui ont longtemps soup\u00e7onn\u00e9 le peintre de sympathie envers les anarchistes.<\/p>\n<p>Et c&#39;est seulement au d\u00e9but de notre mill\u00e9naire, qu&#39;on a lev\u00e9 la confidentialit\u00e9 du dossier n\u00b074664, concernant la surveillance de la police fran\u00e7aise des \u00e9poux Picasso.<\/p>\n<p>(Il faut pr\u00e9ciser que Picasso n&#39;a jamais eu la nationalit\u00e9 fran\u00e7aise, ni \u00e0 ce moment-l\u00e0, ni plus tard,<br \/>\ntout comme sa fianc\u00e9e russe.)<\/p>\n<p>&laquo;Attention&raquo; avait averti en rigolant Diaghilev, &laquo;les femmes russes ont besoin de se marier&raquo;<\/p>\n<p>\"Tu rigoles ? \" avait r\u00e9pondu le peintre<\/p>\n<p>\"Un peintre est-il un homme s\u00e9rieux ? \" demandait anxieusement Lydia, la future belle-m\u00e8re de Picasso \u00e0 Diaghilev.<\/p>\n<p>&laquo;Pas plus s\u00e9rieux qu&#39;une ballerine&raquo; lui r\u00e9pondait-il en rigolant.<\/p>\n<p>Sur le portait de la salle n\u00b02, Olga porte une mantille espagnole. C&#39;est ainsi qu&#39;elle s&#39;est pr\u00e9sent\u00e9e devant sa future belle-m\u00e8re \u00e0 Barcelone.<br \/>\n&laquo;Mon fils est fait pour ne s&#39;occuper que de lui, et de personne d&#39;autre, aucune femme ne peut \u00eatre heureuse avec lui&raquo; l&#39;a mise en garde Do\u00f1a Maria.<\/p>\n<p>Mais qui dans ces situations \u00e9coute la voix de la raison ?<\/p>\n<p>Et le 12 juin 1918, Pablo et Olga se mari\u00e8rent dans la Cath\u00e9drale Saint-Alexandre-Nevsky,<br \/>\nrue Daru \u00e0 Paris.<br \/>\nDiaghilev, Massine, Apollinaire, Cocteau, Matisse, Gertrude Stein et d\u2019autres \u00e9taient pr\u00e9sents au mariage.<br \/>\nLes jeunes mari\u00e9s en \u00e9taient convaincus : leur amour durerait toujours.<\/p>\n<p>Une affiche sur un mur reproduit leur serment : \"Nous, soussign\u00e9s Olga Khokhlova et Pablo Picasso, promettons de vivre jusqu&#39;\u00e0 la mort dans la paix et dans l&#39;amour.<br \/>\nCelui qui le rompt ce contrat, sera condamn\u00e9 \u00e0 mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><div id=\"attachment_209670\" style=\"width: 327px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/17.jpg\" rel=\"attachment wp-att-209670\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-209670\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-209670 size-medium\" src=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/17-317x379.jpg\" alt=\"17\" width=\"317\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/17-317x379.jpg 317w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/17-768x917.jpg 768w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/17-335x400.jpg 335w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/17-600x716.jpg 600w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/17.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 317px) 100vw, 317px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-209670\" class=\"wp-caption-text\">Olga Khokhlova \u00e0 la mantille Barcelone, \u00e9t\u00e9-automne 1917, Cr\u00e9dit photo : \u00a9 Photo: Equipo Gasull<\/p><\/div><\/p>\n<p>Olga quitta &laquo;les ballets russes&raquo;.<\/p>\n<p>Elle resta \u00e0 la maison, et construit un nid d\u2019amour confortable sur deux niveaux dans la chic rue Boissy.<\/p>\n<p>Pablo essaya de contenir le d\u00e9sordre \u00e0 son atelier au premier \u00e9tage.<\/p>\n<p>Olga accueillait chez elle la cr\u00e8me de la soci\u00e9t\u00e9 parisienne.<\/p>\n<p>Sur les photos dans les vitrines de l&#39;exposition d\u00e9filent de brillants dandys : Stravinsky avec Cocteau, des admirateurs et des clients, des milliardaires et des m\u00e9c\u00e8nes.<\/p>\n<p>Et m\u00eame Picasso, dans un respectable &laquo;trois-pi\u00e8ces&raquo; avec une boutonni\u00e8re, qui d&#39;apr\u00e8s ses mots, semble \u00ab\u00a0d\u00e9grossi\u00a0\u00bb. \u00c0 la Ingres.<\/p>\n<p>Les portraits strictement n\u00e9o-classiques de Khokhlova de cette \u00e9poque sont plac\u00e9s dans la salle n\u00b04.<br \/>\nCe n&#39;est pas pour rien que les organisateurs appellent cette salle &laquo;La m\u00e9lancolique&raquo;, car \u00e0 partir du moment o\u00f9 le coup d\u2019\u00c9tat survient en Russie, Olga sera s\u00e9par\u00e9e de son pays pour toujours.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi \u00e0 ce moment que le bonheur familial d&#39;Olga et Pablo se fissure s\u00fbrement...<\/p>\n<p>\u00ab Olga m&#39;en demande beaucoup \u00bb, se plaint le peintre.<\/p>\n<p>Leur mariage est temporairement sauv\u00e9 par la naissance de leur premier-n\u00e9 (f\u00e9vrier 1921).<\/p>\n<p>Sur les grands dessins et tableaux de cette p\u00e9riode, on voit Olga, au milieu d&#39;un paysage serein, tr\u00e8s \"m\u00e8re, avec une b\u00e9b\u00e9 robuste sur les genoux. Le petit Paulo Picasso est peint en costume d&#39;arlequin, de torero. Et au bout de quelques ann\u00e9e, en 1927, un photographe amateur capturera l&#39;image d&#39;un petit gar\u00e7on fier dans un tricorne de mar\u00e9chal, mod\u00e8le r\u00e9duit de son c\u00e9l\u00e8bre p\u00e8re.<\/p>\n<p><div id=\"attachment_209672\" style=\"width: 308px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/23.jpg\" rel=\"attachment wp-att-209672\"><img aria-describedby=\"caption-attachment-209672\" loading=\"lazy\" class=\"wp-image-209672 size-medium\" src=\"http:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/23-298x379.jpg\" alt=\"23\" width=\"298\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/23-298x379.jpg 298w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/23-768x976.jpg 768w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/23-315x400.jpg 315w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/23-600x763.jpg 600w, https:\/\/rusoch.fr\/files\/2017\/04\/23.jpg 1000w\" sizes=\"(max-width: 298px) 100vw, 298px\" \/><\/a><p id=\"caption-attachment-209672\" class=\"wp-caption-text\">Man Ray (1890&nbsp;&mdash; 1976) Ricardo Vin\u00e8s, Olga et Pablo Picasso, Manuel Angeles dit Manolo Ortiz au bal du Comte de Beaumont, Mus\u00e9e national Picasso-Paris Don Succession Picasso, 1992. APPH1469bis Cr\u00e9dit photo : \u00a9RMN-Grand Palais (Mus\u00e9e national Picasso-Paris) \/ Mathieu Rabeau<\/p><\/div><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>\u00c0 la fin des ann\u00e9es 30, leur histoire d&#39;amour d\u00e9g\u00e9n\u00e8re au milieu des querelles et des disputes.<\/strong><\/p>\n<p>Picasso comme pour se venger de sa femme incapable de le retenir la peint de plus en plus d\u00e9form\u00e9e, l&#39;image de son visage et de son corps est difforme sur ses toiles. Et dans la salle n \u00b07, on peut voir le tableau grotesque incandescent &laquo;Femme nue dans un fauteuil rouge&raquo; (1929).<br \/>\nOn y voit une femme d\u00e9pourvue d&#39;amour, qui furieusement se tord de douleur, comme sur des charbons ardents.<br \/>\n\u00c0 partir de ce moment-l\u00e0, sur les toiles cubistes de Picasso, c&#39;est comme si tout partait en \u00e9clats; des \u00e9pines venimeuses apparaissent, des crochets f\u00e9roces attaquent presque physiquement les yeux.<\/p>\n<p>Mais qu&#39;est-ce que c&#39;est ? Au milieu de tous ces fragments d\u00e9chir\u00e9s l&#39;harmonie appara\u00eet, l&#39;expressivit\u00e9 fr\u00e9n\u00e9tique et la virtuosit\u00e9 infernale du peintre.<\/p>\n<p>Dans les salles n \u00b09 et 10 les \u00abBaigneuses \u00bb d\u00e9form\u00e9es, et les \u00ab\u00a0 Acrobates\u00a0\u00bb noueuses montrent le d\u00e9but d&#39;une nouvelle relation et d&#39;une nouvelle passion de l&#39;artiste : une jeune fille de 17 ans aux yeux bleus, Marie-Th\u00e9r\u00e8se Walter.<\/p>\n<p>Ils se rencontrent en 1927 dans la rue, et la vie d&#39;Olga devient un enfer.<\/p>\n<p>&laquo;Je veux reconna\u00eetre mon visage&raquo; demande inlassablement Olga \u00e0 son mari.<\/p>\n<p>\u00c0 pr\u00e9sent, elle montre un autre visage: elle prend des amants et ne se cache pas, elle fait des crises de col\u00e8re, en public, et d&#39;un coup tombe comme une furie sur sa rivale, au plus grand bonheur des \u00ab Minotaures \u00bb !<\/p>\n<p>Olga enrage. Marie-Th\u00e9r\u00e8se est enceinte. Et Picasso a d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9 Dora Maar.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 son \u00abGuernica\u00bb (1937), ic\u00f4ne politique du second mill\u00e9naire, Picasso, met face \u00e0 face Olga et Marie-Th\u00e9r\u00e8se, deux \u00e9g\u00e9ries m\u00e9tamorphos\u00e9es en m\u00e9g\u00e8res toute de griffes et de dents.<\/p>\n<p>\u00abD\u00e8s que des traits humains commencent \u00e0 l&#39;emporter sur les traits divins, la Muse se transforme en femme intrusive \u00bb se lamente Picasso.<\/p>\n<p>La rupture d\u00e9finitive de Picasso et Olga se produit en 1935. Ils ne divorceront jamais.<\/p>\n<p><strong>Le peintre avare ne veut pas partager leurs biens.<\/strong><\/p>\n<p>En 1955, Olga Picasso d\u00e9c\u00e8de dans la clinique &laquo;Beau-Soleil&raquo; \u00e0 Cannes. Seul son fils Paulo et quelques amis assistent \u00e0 l\u2019enterrement.<\/p>\n<p>Le veuf lui-m\u00eame n&#39;est pas venu, il finissait un de ses habituels chefs-d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>\u00abUne femme peut \u00eatre soit une d\u00e9esse soit un paillasson sexuel sur lequel on s&#39;essuie les pieds \u00bb, disait Picasso. Ce credo cynique catalan s&#39;applique \u00e0 toutes histoires passionnelles de Picasso.<\/p>\n<p>C&#39;est pourquoi les femmes rejet\u00e9es par Picasso et devenues folles se suicident.<\/p>\n<p>Marie-Th\u00e9r\u00e8se Walter s&#39;est pendue, Jacqueline Roque s&#39;est retir\u00e9 dans un couvent avant de se tirer une balle, et Olga Khokhlova a perdu la t\u00eate.<\/p>\n<p>\u00abIl aime passionn\u00e9ment, mais son amour tue \u00bb, conclut Paul \u00c9luard au sujet du g\u00e9nie.<\/p>\n<p>Et quand Genevi\u00e8ve Laporte, l&#39;une des derni\u00e8res ma\u00eetresses de Picasso le quitte, Jean Cocteau lui dit: \u00abVous avez pris cette d\u00e9cision \u00e0 temps, elle vous a peut-\u00eatre sauv\u00e9 la vie\u00bb.<\/p>\n<p>L&#39;exposition se termine sur une installation moderne de l&#39;artiste italien Francesco Bessoli, un collage appel\u00e9 \u00abOlga forever\u00bb, des larmes sont dessin\u00e9es sur les photos.<\/p>\n<p>\u00abC&#39;est mon hommage \u00e0 la m\u00e9moire d&#39;Olga : elle pleure tous les ballets o\u00f9 elle n&#39;a pas dans\u00e9 par amour pour Picasso\u00bb, explique l&#39;auteur de l&#39;installation.<\/p>\n<p>Picasso disait \u00e0 Malraux: \u00abChez nous les espagnols, \u00e7a se passe ainsi : le matin, la messe, l&#39;apr\u00e8s-midi, la corrida, et la nuit, le bordel. Et quel est le point commun de tout \u00e7a ? La tristesse\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>L&#39;amour de l&#39;artiste \u00e9tait impitoyable et sans merci.<\/strong><\/p>\n<p>Les femmes \u00e9taient son \u00ab\u00a0bois\u00a0\u00bb, br\u00fbl\u00e9 dans le feu de l&#39;art. Picasso m\u00e9prisait ses propres enfants et les femmes qu&#39;il rendait insignifiantes. Mais ses bien-aim\u00e9s, Picasso en les tuant, les immortalisait. Et quel est le point commun de tout \u00e7a ?<\/p>\n<p>La tristesse.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis mars et jusqu\u2019au 3 septembre 2017, au mus\u00e9e Picasso parisien se d\u00e9roule l\u2019exposition \u00ab\u00a0Olga Picasso\u00a0\u00bb en l\u2019honneur du centenaire\u2026<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":209665,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[2964,13,2963],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/209664"}],"collection":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=209664"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/209664\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/209665"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=209664"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=209664"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rusoch.fr\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=209664"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}