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vendredi, 27 novembre 2020
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«Amoureux des Arts». Une soirée russe au restaurant «Romeo»

par Tatiana Mojenok-Ninin0:48, 26 octobre 2020Vous êtes témoinImprimer

Quelques coups de crayon précis, tantôt estompés, tantôt apparaissant de nouveau. Un chapeau de fleurs en tulle, des épaules nues, des boucles d’oreilles en forme de goutte, le doux ovale d’un jeune visage, une robe à bretelles, les plis d’une jupe bouffante tombant de cette taille trop fine, des pieds nus... Cette jeune femme est comme apparue instantanément devant nous, amenant avec elle un parfum du XIXe siècle. Elle aurait pu sortir de l’imaginaire de Degas ou de Toulouse-Lautrec...

Nathalie Bibas, Alp Alantar et Alla à la soirée. Photo Nathalie Bibas

Quoique non, leur ligne est plus dure, cruelle. Ce dessin est celui de notre contemporaine, une parisienne russe : Alla. Ses œuvres accueillaient les invités dans une salle confortable et feutrée du restaurant « Romeo » place Victor Hugo à Paris.

En ce soir d’octobre 2020, le public s’installait devant les tables, se mettant à l’aise dans les grands fauteuils. Sur l’écran défilaient les portraits de Sergueï Chtchoukine et Ivan Morozov ainsi que le titre de la conférence, que les membres de l’association «Amoureux des Arts» étaient venus écouter : « L’avant-garde russe et les collections moscovites de peinture française ».

Si nous ne portions pas de masques, tout aurait semblé normal, mais actualité oblige... Cependant, le virus n’a pas effrayé ces docteurs « amoureux de l’art », en majorité dentistes, membres de l’association, venus se plonger dans la culture russe du début du XX siècle, écouter la conférence, faire la connaissance d’Alla et admirer la Russie et ses talents.

Alla présente ses œuvres. Photo Nathalie Bibas

Cette originale association existe depuis plus de quatre ans et organise régulièrement des soirées – rencontres – débats avec des artistes contemporains dans une ambiance agréable et décontractée. Ce sont Alp Alantar, un chirurgien-dentiste, et Nathalie Bibas, une artiste très talentueuse, qui l’ont fondée.

Alp est passionné d’art dès son enfance. D’après ses mots, il a grandi avec les sons de la musique et l’odeur des couleurs. Les parents d’Alp sont en effet Sevinç, une pianiste turque, et Erdal Alantar, un peintre-monumentaliste qui appartenait à la Deuxième Ecole de Paris. On peut voir les œuvres d’Erdal au Victoria & Albert Museum à Londres, à la Bibliothèque royale de Belgique à Bruxelles et dans d’autres institutions prestigieuses.

Quant à Nathalie Bibas, elle collabore beaucoup avec le milieu médical, notamment avec l’hôpital Necker, en essayant grâce à son art onirique et fabuleux de rendre les murs des hôpitaux plus chaleureux et accueillants (www.nathaliebibas.com). En 2018 Nathalie avait présenté aux membres de l’association une conférence sur l’art monumental.

Tatiana Mojenok-Ninin pendant sa conférence. Photo: Celia Delamare

Ce 10 octobre, d’après Alp, « l’Empire Ottoman s’est incliné devant l’Empire Russe ». L’association a consacré sa soirée à la peinture d’avant-garde russe et française dont les collections Chtchoukine et Morozov possédaient les chefs-d’œuvre. Parmi les artistes russes, Martiros Sarian et ses paysages éclatants et ensoleillés de l’été éternel qui a particulièrement intéressé les auditeurs. « La Suite kirghize (bleue) » de Pavel Kouznetsov avec la sublimation de l’harmonie entre l’Homme et la Nature ne les a pas laissés indifférents non plus. La conférence a permis de raviver le magnifique souvenir de l’exposition Sergueï Chtchoukine à la Fondation Louis Vuitton en 2016—2017 et d’entrouvrir le rideau sur la prochaine – espérons-le ! – présentation de la collection Ivan Morozov au même endroit, où une trentaine d’œuvres d’artistes russes devrait être exposée (24 février – 25 juillet 2021).

Du Moscou du début du XXe siècle nous nous sommes « transportés » au Moscou des années 1970. Sur les dessins d’Alla — de fragiles jeunes filles en simples robes de coton mais portant des escarpins à talons aiguilles, parfois avec une cigarette ou quelques détails reconnaissables de l’époque : un téléphone à cadran rond, une bouilloire éternellement sur le gaz à la cuisine... Dans un langage imagé, parfois teinté d’humour ou de nostalgie, Alla nous a parlé des héros de ses dessins : des amis d’école à Moscou, des dames du « beau monde » de New-York, des peintres de la bohème de Montmartre du début du XXIe siècle… La tenue d’Alla, son chapeau de fleurs en tulle, la musique tsigane qui servait de fond pour son récit ont ajouté une note artistique et un peu originale à cette soirée.

Les docteurs « amoureux des arts », membres de l’association, ont reçu une véritable piqure d’optimisme, si nécessaire actuellement, et un « vaccin » d’amour pour l’art russe.

 

Un commentaire

  1. Natacha dit :

    Excellente initiative ! Bravo les organisateurs !!!

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