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lundi, 19 octobre 2026
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Nicolas Dronnikov, chroniqueur de la Russie à Paris

Текст, видео, фото Елена Якунина7:17, 28 septembre 2026Russie IciImprimer

La Maison russe des sciences et de la culture à Paris (MRSC) accueille une exposition consacrée à Nicolas Dronnikov, véritable chroniqueur de l’émigration russe.

Nicolas Dronnikov «L'ermite», 2016

Nicolas Dronnikov arrive à Paris en 1972. Il laisse derrière lui l’Institut Sourikov de Moscou, ses amis — parmi lesquels Vladimir Vyssotski — et une partie de sa vie. L’une des guitares sur lesquelles le célèbre barde accompagnait ses chansons est d’ailleurs toujours conservée chez Nicolas Dronnikov.

En France, une nouvelle vie commence. Les paysages sont là, les visages aussi, mais tout semble différent. La nature n’a plus les mêmes couleurs, les visages ne racontent plus les mêmes histoires.

Au fil des années, la communauté russe de Paris ne cesse de s’agrandir.

Dans les années 1970, la troisième vague d’émigration russe atteint la France. Elle compte de nombreux représentants de l’intelligentsia artistique et littéraire, souvent en rupture avec le régime soviétique. Paris voit alors arriver des artistes, des écrivains et des penseurs venus d’URSS.

Le premier à poser pour Nicolas Dronnikov est l’écrivain et dissident Andreï Siniavski, qui vient à son atelier. C’est le début d’une immense galerie de portraits, où se côtoieront bientôt les figures les plus marquantes de la culture russe du XXe siècle : Alexandre Galitch, Joseph Brodsky, Vladimir Vyssotski, Boulat Okoudjava, Alexandre Soljenitsyne, Sviatoslav Richter, Mstislav Rostropovitch et bien d’autres.

Dronnikov réalise également le portrait d’Andreï Tarkovski lors de la dernière interview du cinéaste. L’entretien est mené par Agnès, journaliste et épouse de l’artiste.

« La photographie, c’est le mort. Le dessin, c’est le vivant », aimait-il répéter.

Aux soirées russes, aux fêtes et aux rencontres de la communauté émigrée, Nicolas Dronnikov est toujours là, une planche à dessin sous le bras, une feuille de papier fixée dessus et un crayon à la main. En quelques secondes, il saisit ce qui distingue un visage, une attitude, une personnalité. Quelques traits suffisent alors pour faire surgir un portrait d’une étonnante justesse.

Il a la chance d’assister aux concerts de Mstislav Rostropovitch et de Galina Vichnevskaïa depuis les premiers rangs de la salle Pleyel, à Paris. Une seule soirée peut lui inspirer une quarantaine de dessins. Il cherche les instants les plus intenses, les gestes, les regards, les expressions fugitives.

Il se rend également à Saint-Paul-de-Vence, chez Marc Chagall. De cette rencontre naîtra un petit livre, « Chez Chagall », qu’il écrira et publiera par la suite.

Dronnikov dessine inlassablement Paris et ses environs. Il parcourt les chemins autrefois fréquentés par les impressionnistes, s’étonnant de ces lumières et de ces couleurs qui ne ressemblent pas à celles de sa Russie natale.

Il sillonne toute la France. Sa « chauffeuse » personnelle n’est autre que son épouse, toujours à ses côtés.

Et pourtant, malgré les voyages et les découvertes, son regard revient sans cesse vers les villages russes, les églises et leurs coupoles.

 

Nicolas Dronnikov s’engage également dans l’édition clandestine. Dans l’une des pièces de la maison se trouve une presse à imprimer qui lui a été confiée par des émigrés de la première vague, avec une mission : « sauver la culture russe ».

De son vivant déjà, la maison de Dronnikov ressemble à un véritable musée. Les murs sont entièrement couverts de portraits de ses contemporains. Sur les étagères s’entassent de vieux livres russes, achetés auprès des descendants et des représentants de l’émigration blanche.

Des sculptures en bois et en bronze occupent également la maison. La passion de la sculpture remonte à son enfance : avant de devenir dessinateur et portraitiste, Dronnikov avait commencé par être sculpteur.

C’est de cette maison-atelier, véritable mémoire vivante de l’émigration russe à Paris, que proviennent les dessins et les tableaux présentés aujourd’hui dans l’exposition au MRSC.

Exposition jusqu’au 15 octobre.

 

 

7 commentaires

  1. Tot Netot dit :

    Важный эпизод биографии Коли. Перед отъездом в эмиграцию, он сжёг все свои работы.

  2. Сергей Дорощенко dit :

    Карикатурист Домье ru.wikipedia.org/wiki/%D0...0%BE%D1%80%D0%B5 тоже рисовал. К нему стоило уехать, что-бы стать художником.

    Благодарю газету РО за дружбу и сотрудничество.

  3. НАТАЛЬЯ dit :

    Спасибо за знакомство с человеком про которого даже слышать не приходилось! Интересные и порой необычные работы. Заметно, что особое внимание художник уделял изображению церквей. Русский художник НИКОЛАЙ ДРОННИКОВ...Только вот почему он решил всё уничтожить и приехать в эту страну. Родина, это она была должна ценить и всячески поддерживать мастера! Хотя если помнить и знать, как в России в некоторые времена относились к тем, кто как-то и где-то в чём-то мог отличаться от других, не имело должных оценок и не ценило проявление творчества, которое по их мнению не соответствовало их восприятию. А чужое, даже если производит впечатление, есть чужое. Ну это моё мнение!

  4. От редакции | La rédaction dit :

    НАТАЛЬЯ, Николай боялся перевозить свои работы, не хотел проблем на таможне. Почему сжег — он объяснял по-разному.

    Любой художник, будь он японец или мексиканец, стремится побывать в Париже. У советских художников такой возможности не было. А Николай женился на французской журналистке, которая в то время работала в Москве. Кстати, это был счастливый брак (если с художником он вообще может быть таковым)), и они прожили вместе долгую жизнь. В Россию он ездил, и его сын также неоднократно бывал на исторической родине

  5. Tot dit :

    Лена, если боялся таможни, мог бы раздать, а не уничтожать всё своё творчество за полжизни))

  6. От редакции | La rédaction dit :

    Tot согласна, мог бы раздать. Но может тогда никто не заинтересовался и не брал? Или боялся брать? Насчет таможни — это Николай так объяснял. А как там было на самом деле...

  7. Tot dit :

    Жена Коли занималась нелегальной деятельностью в СССР. Они уезжали навсегда. Коля опасался, что все, у кого будут его работы попадут, как минимум, под подозрение у властей.

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