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mardi, 17 septembre 2019
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Exposition d’Eugène Delacroix au Louvre

Elena Iakounine, traduction de Ludmilla Balitskaya0:03, 7 avril 2018CulturesImprimer

Le Louvre est un monde à part.

Situé au centre de Paris, il vit de sa propre vie, en dehors du contact avec le monde extérieur. Ses expositions y sont elles aussi spéciales.

La Mort de Sardanapale, 1827. Musée du Louvre ©Musée du Louvre-dist. RMN-Grand Palais

Où pouvons-nous trouver une salle, pour sans porter atteinte à une exposition permanente, placer 200 pièces. Cela est possible au Louvre. Facilement. Il est un espace infini, semblable à l’univers.

Cela fait près de 60 ans que Paris n’a pas organisé de rétrospective de Delacroix.

Un artiste qui a peint plus d’un plafond des palais de la capitale

Les grandes expositions demandent des efforts similaires. Pour cette raison, le Louvre s’associa avec le musée Métropolitain de New York. L’exposition sera présentée à Paris jusqu’au 23 juillet, puis s’en ira outre-Atlantique.

Aux USA, tout comme en France, on rassembla toutes les œuvres que l’on pouvait. Mais il n’a pas été possible de transférer les deux plus grandes toiles de Delacroix : « la Mort de Sardanapale », et « La prise de Constantinople par les croisés ». Ces tableaux ne peuvent être transportés à cause de leur taille. Heureusement, ils sont déjà au Louvre, dans l’aile de Denon. Donc, si nous le voulons, nous pouvons les voir. Il y fut aussi transféré le temps de la rétrospective une toile de l’église Saint-Paul-Saint-Louis « Le Christ au Jardin des Oliviers ».

Et bien sûr, nous ne pouvons pas quitter ce célèbre musée, sans porter un regard dans l’une de ses plus belles salles : la galerie d’Apollon. La partie centrale de son plafond est elle aussi signée par Eugène Delacroix.

Se promenant à Paris, à l’occasion jetez un coup d’œil dans l’église Saint-Sulpice, devant laquelle frémit l’eau de la fontaine des « quatre points cardinaux » (un nom qui n’est pas officiel, mais seulement populaire). On commanda à l’artiste de peindre la chapelle Saints-Anges qui fut son dernier lieu de travail.

Delacroix Eugène (1798—1863). Paris, musée du Louvre. INV3824.

Le pinceau de Delacroix passa aussi sur les plafonds de l’Assemblée nationale — le Palais Bourbon — et sur les arches du salon de la Paix de la mairie de Paris, dans la bibliothèque du Sénat.

Charles Baudelaire surnomma Delacroix, « le phare » du romantisme

Et c’est ainsi qu’il demeura dans l’histoire des arts de France, le romantique le plus important.

Sur ses toiles, les passions sont tumultueuses, des fauves ont des allures royales, les chevaux tombés au combat sont pris de folie, et « La Liberté guidant le peuple », aurait pu attirer tellement de spectateurs, que l’Etat, après avoir acheté cette œuvre au Salon, s’empressa de la cacher au plus vite pour qu’elle fasse moins rêver.

Mais le tableau entra dans l’histoire, et c’est de son modèle que fut inspirée et peinte Marianne, et c’est elle qui fut imprimée sur les timbres.

Comme un romantique digne de ce nom, Delacroix s’est lié d’amitié avec Frederic Chopin, George Sand et Alexandre Dumas. Lui-même était doté d’un talent littéraire, ses capacités à maîtriser les belles-lettres se révélaient déjà au lycée parisien Louis-le-Grand. A ce jour, pour les français, cette institution possède toujours une autorité inégalée.

L’artiste s’exerçait en tant que journaliste et tenait un journal. Ce dernier nous révèle beaucoup de détails de sa vie intime, et en particulier sur ses relations non-platoniques avec certains modèles, présentés nues sur ses toiles. Delacroix était charmé par les femmes métisses et africaines, car il les trouvait plus expressives. Elles aussi en abondance sont présentées à l’exposition.

Femme nue au perroquet. Entre 1826 et 1829. Lyon, Musée des Beaux-Arts ©Lyon MBA

 Une autre page dans la vie de Delacroix est son voyage au Maroc

Il ne s’est pas seulement retrouvé dans un autre espace, mais aussi dans un autre temps. Le patriarcat et les anciennes coutumes de la population locale, l’impressionnèrent d’une manière indélébile, il lui sembla revenir en arrière deux siècles plus tôt.

De ce voyage, l’artiste ramena un grand nombre de carnets remplis de croquis, et longtemps encore, il peigna des scènes de la vie quotidienne marocaine.

Delacroix peignant dans les églises de Paris, portait une attention toute particulière aux sujets religieux, c’est ce qui rend un effet plus surprenant encore quand on entre dans une salle remplie de bouquets luxuriants et de natures mortes florales. Ces peintures arrivées d'outre-Atlantique, sont peu connues dans la patrie de l'artiste.

Corbeille de fleurs renversée dans un jardin. 1848—1849. New-York, The Metropolitan Museum of Art ©The Metropolitan Museum of Art

Ajoutons que les petits paysages, appartenant aux collections privées sont d’une grande rareté. Au crépuscule de sa vie, Delacroix voyagea beaucoup dans son pays natal, il peigna notamment les régions normandes et bordelaises. Mais il ne visita jamais l’Italie.

A Saint-Germain, dans le quartier bohème de Paris, est conservée une petite maison qui fut la dernière demeure du maître solitaire. Il s’installa intentionnellement près de l’église Saint-Sulpice, dans laquelle il travaillera jusque la fin de sa vie. Dans la maison 6, rue de Fürstenberg se trouve maintenant le musée Eugène Delacroix.

L'exposition «Eugène Delacroix» se tiendra au Louvre jusqu'au 23 juillet 2018.

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