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jeudi, 1 décembre 2022
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Au pays de d’Artagnan

Texte, photos et vidéo: Elena Iakounine, traduction de Alison Périé0:04, 4 novembre 2017ImagesImprimer

Quel russe n’a pas envie de visiter la région natale du fameux d’Artagnan ?

Prendre un grand bol d’air de Gascogne, s’asseoir sur de vieilles pierres qui, peut-être, ont été touchées par les bottes du célèbre mousquetaire.

La région, qui s’appelle désormais Occitanie, s’est constituée à partir de la fusion des Midi-Pyrénées et du Languedoc-Roussillon, formant ainsi une toute nouvelle unité administrative. Elle existe depuis déjà un an, mais les français n’arrivent toujours pas à s’habituer à l’union de ces deux grandes régions.

Par ailleurs, Occitanie est l’ancienne appellation de cette région historique, qui s’étend non seulement au sud de la France, mais également à une partie des terres catalanes espagnoles et aux territoires frontaliers de l’Italie.

Le Gers conserve les souvenirs du célèbre gascon. La ville d’Auch, préfecture du département, a même érigé une statue de d’Artagnan dans sa partie médiévale.

C’est à l’endroit le plus en vue, sur la rive supérieure du fleuve, que partent les larges marches de l’escalier monumental datant du Second Empire, menant à la ville basse.

Juste à côté de la statue de bronze de d’Artagnan (qui a été installée sur un piédestal en 1931) s’élève la tour d’Armagnac.

Le vin de Gascogne

En quoi la Gascogne a-t-elle toujours été si célèbre ?

Depuis aussi loin que l’on se souvienne, ces lieux sont réputés pour leur mode de vie rural (ils font partie des endroits les moins peuplés de France), mais aussi pour leur célèbre mousquetaire et leur gastronomie.

D’ailleurs, à l’époque des mousquetaires, cette province était si grande qu’elle occupait même le territoire de l’actuelle Belgique.

Mais qu’est-ce que la nourriture sans un petit cadeau de Bacchus ? L’armagnac (qui porte le même nom que la province) est considéré comme la plus ancienne eau-de-vie de France. Dans le domaine du Grand Comté, c’est la famille Baylac qui, depuis quelques neuf générations, produit à elle-seule l’armagnac, c’est-à-dire approximativement depuis la révolution française.

Au départ, l’affaire se transmettait de père en fils, mais désormais, les filles sont également de la partie.

Pendant la fabrication de l’armagnac, la solution alcoolique atteint 55 degrés, on passe ensuite par un processus de distillation avec de l’eau, en réduisant les degrés à 42. Après cette étape, on dispose le tout dans des fûts de chêne d’une valeur de 800 euros l’unité. L’armagnac est considéré comme un digestif, c’est-à-dire qu’on le boit après le café ou qu’on l’ajoute directement dans la tasse. Le plus grand pays importateur de cet alcool est la Russie.

L’oie et le canard sont deux autres grands symboles de la Gascogne

Ils ont toujours été élevés sur les terres gasconnes. Mais le foie gras, à cause duquel on rompt tant de lances aujourd’hui, est une invention des Romains qui gavaient les oiseaux de figues.

En effet, les anciens étaient fascinés par le duvet des oiseaux qui s’embellissait lorsqu’ils étaient beaucoup nourris.

Le canard en conserve confit, c’est-à-dire lorsque celui-ci mijote dans sa propre graisse, est également un très vieux plat gascon.

Quant au magret de canard, il a été inventé au 20e siècle.

Non loin des vignobles, le Gers abritait de vieilles fermes telles que « Terre Blanche », où l’on produit aujourd’hui du foie gras et du confit de canard maison.

L’oie ou le canard est découpé de façon à ne pas en laisser une miette. Mais ce qui excite le plus les papilles, c’est évidemment un bon foie gras légèrement frit à la poêle.

Le confit de canard nécessite lui beaucoup plus de temps de préparation. Il faut mettre les morceaux de canard dans une grande marmite et les laisser mijoter pendant toute une nuit. Le gras forme une couche qui reste à la surface et qui conserve la viande pendant longtemps.

Bien sûr, le lecteur russophone ne sait rien de la collection d’œuvres d’art de Mikhail Simonov. Il faut dire que ce russe ne se fait pas beaucoup de publicité. On le connaît simplement en tant que descendant de Russes blancs, traversant l’Angleterre, et s’installant en Nouvelle-Zélande ou encore en Afrique du Sud.

C’est lorsqu’il voyageait en France, et notamment en Gascogne, qu’il a découvert l’abbaye cistercienne de Flaran, fondée en 1151.

Il est tombé amoureux de son architecture, et s’est amouraché par la même occasion du paysage local. Il a d’ailleurs prêté sa collection d’œuvres d’art datant 16e au 20e siècle à l’abbaye pour qu’elle puisse les exposer. Ainsi, depuis 2005, on conserve à Flaran environ 300 peintures et sculptures qui sont exposées pour quelques temps.

Rubens, Tiepolo, Courbet ou Rodin, tous figurent à Flaran. Il y a également une grande collection d’artistes de l’école de Paris pour la plupart de ressortissants de l’Empire russe.

 

Par ailleurs, si vous retournez à Auch, vous ne pouvez pas manquer l’une des plus belles cathédrales de France datant de l’époque de la Renaissance, dédiée à la Vierge Marie.

L’une des routes du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle traverse la ville d’Auch.

La cathédrale a superbement conservé ses vitraux renversants, dont la construction s’est achevée en 1513.

De plus, deux mille (!) sculptures ornent les sièges destinés au clergé. Les personnages ont survécus à la révolution, cela est donc d’autant plus surprenant qu’ils soient si bien conservés.

Cela est en partie dû au bois de l’arbre à partir duquel ils ont été fabriqués. Les meilleures parties du chêne ont été façonnées dans l’eau pendant des décennies, ce qui permet d’obtenir la solidité de la pierre.

Fort heureusement, pendant la révolution la cathédrale n’a pas été endommagée car transformée en Temple de la Raison.

 

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