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dimanche, 23 février 2020
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Naissance d’un génie. Tintoret

Elena Iakounine, traduction de Ludmilla Balitskaya0:22, 28 mars 2018CulturesImprimer

Pour trouver un nom à une exposition, les critiques d’arts prennent parfois plus d’un mois .

Ce nom doit en effet pouvoir attirer l’attention de n’importe quel passant dans la rue, et que celui-ci abandonne toutes ses préoccupations et se rende au musée.

Dans le cas de Tintoret, si les conservateurs du musée eurent à mener une réflexion, elle ne fut pas longue. L'intervalle temporel, détaillé par l'exposition, ne laisse aucun autre choix.

Le musée du Luxembourg présente les peintures des quinze premières années de la vie créative de l'artiste. Ses débuts, son départ, son décollage, soit : la Naissance d'un génie.

Pour cette raison, nous ne trouverons pas dans les salles l’autoportrait le plus célèbre du Tintoret déjà d’un certain âge. En revanche, il y a celui qui a le moins de renom. Le jeune de 29 ans regarde d’un air interrogatif au travers les siècles de la Haute Renaissance vénitienne.

Tintoret. Autoportrait. vers 1547. ©Philadelphia Museum of Art

Cette année le monde artistique fête les 500 ans de la naissance du « petit teinturier », traduction exacte de son pseudonyme : Tintoretto/Tintoret.

Jacopo Robusti est né dans la famille d’un petit propriétaire de teinturerie. En plus de l’affaire particulière de son père, Jacopo ne se distinguait pas par une grande taille, pour ces raisons il est devenu le « petit teinturier » : dans tous les sens du terme.

On raconte que, dès son plus jeune âge, il peignait sur des murs utilisant les peintures de son père. Mais ces graffitis d’enfant différaient par leur qualité.

Ayant rapidement terminé ses études, n’atteignant pas encore ses 20-vingt ans, Tintoret ouvrit son propre atelier.

Les ambitions du jeune homme atteignaient des sommets considérables. Il voulait se différencier des autres coûte que coûte.

Cependant, réussir à Venise-même, là, où affluaient vers la République des artistes non seulement de toute l’Italie, mais aussi de l’Europe, avec une concurrence insupportable entre les peintres, revenait à être presque impossible.

Néanmoins, Tintoret réussit

Tintoret. Sainte famille avec le jeune Saint Jean-Baptiste, vers 1550. ©Yale University Art Gallery, New Haven

Mais il dut travailler dur comme peintre, et comme son propre représentant commercial.

Provenant des milieux populaires, il ne possédait aucun contact dans les classes supérieures. A Venise, il n’y avait pas de famille régnante, comme par exemple à Florence. Tintoret débuta par des ornements décoratifs de meubles, et des tableaux de petits formats, servant à décorer les intérieurs. Et pour conquérir le marché, il baissait ses prix, et de cette façon, il se fit des ennemis des autres peintres

A cette époque, Titien, régnait à Venise, et Tintoret subit l’influence du grand maitre. C’est dans l’atelier de Titien qu’il étudia et commença à travailler au début de sa carrière. En conséquence, certain tableau de Tintoret étaient même attribués au professeur. Mais à 14 ans, Tintoret quitte le maitre. D’après une autre version, il fut renvoyé.

Couraient des rumeurs, dont le jeune garçon pris vite conscience à propos des différences entre le revenu du professeur et celui de l’élève.

Dans la Sérénissime, prospérait non seulement la peinture mais aussi le théâtre. Pas moins de 50 troupes jouaient dans la ville à cette époque. Tintoret leur dessinait des costumes, imaginait, pensait des scénographies, des effets spéciaux et même différents gags de scène.

Dans l’Italie de la fin de la Renaissance la sculpture et la peinture se faisaient concurrence

Tintoret. Le péché originel, vers 1551—1552. ©Gallerie dell'Academia di Venezia, Venise

La sculpture, par son volume, attisait les sentiments de Tintoret, l’obligeant à retransmettre sur le papier le relief des formes sculptées et le clair-obscur.

Dans son testament à son fils, il mentionne des petites et des moyennes formes de cire et de plâtre qui se trouvaient dans son atelier. Il y avait aussi des répliques de Michel-Ange lui-même, que l'artiste a volontairement entré dans ses compositions artistiques. A cette époque, ce genre de citation, qu’il soit des classiques antiques ou contemporains, était considéré comme convenable et faisait preuve d’une connaissance profonde de l'histoire des arts.

Le musée du Luxembourg expose en ce moment les meilleures œuvres du Tintoret de la première période, parmi lesquelles des chefs-d'œuvre de l'Académie des Arts à Venise: Le Pêché originel, La Princesse, Saint George et Saint Louis ; des travaux du Prado de Madrid, de la galerie Nationale de Washington, et les Collections de sa Majesté la reine Elisabeth II.

 

Jusqu’au 1er juillet 2018
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard, 75006 Paris

 

Un commentaire

  1. espionne dit :

    «Но поработать ему пришлось немало и как живописцу, и как коммерческому представителю самого себя».

    Три раза прочитала, пока поняла !

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