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jeudi, 1 décembre 2022
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« Monstre» de Gérard Depardieu

Ekaterina Gadal0:55, 10 janvier 2018CulturesImprimer

Chaque jour, chaque heure, chaque instant, il faut vivre.
Vivre ce que nous avons à vivre et ne pas nous laisser vivre.
Vivre véritablement, c’est peut-être le seul acte révolutionnaire.

Oser Etre.
Et vivre libre.
Chaque jour, plus libre encore.

Gérard Depardieu, « MONSTRE », Cherche midi , 2017.

Gérard Depardieu est de passage en France pour présenter aux lecteurs son dernier ouvrage intitulé « Monstre »,  tout récemment paru aux Éditions du Cherche  Midi.

C'est le très illustre cinéma " le Louxor «, — à côté de la station de métro Barbes - qui a servi d'écrin à la rencontre avec les lecteurs.

Au programme:

Projection du film de François Truffaut „ le Dernier Métro“, suivie d' une rencontre avec l'acteur et une dédicace de son livre.

L' Observateur russe» ne pouvait pas laisser passer une telle occasion qu'il a accompagnée d' une petite surprise...

Une matinée avec l'acteur

Ce dimanche là, après avoir sacrifié sur l’autel du sommeil leur grasse matinée, les admirateurs de la star  sont allés au Louxor regarder une énième fois «  le Dernier Métro » avant de rencontrer leur acteur fétiche et lui acheter son dernier livre.

9.15 : impossible de trouver deux places libres côte à côte, alors que chaque invité avait réservé sa place à l’avance.

La rencontre affichait « complet » une semaine avant la date prévue.

Le choix du film «  le Dernier Métro » n’est pas un hasard, puisqu’ il évoque une page bien sombre de l’histoire française, celle de l’ Occupation et de l’ écho lointain de la guerre tandis que Paris, l’ immarcescible Paris, demeure Paris.

Le film, truffé d’humour, ressemble à un trompe l’oeil. Une bombe y explose, les fusils tirent comme des fusils, mais tout se passe hors champ. Le résistant est arrêté comme au théâtre mais toute l’ignominie de la guerre reste hors cadre, le sang, la saleté, etc... Pourtant, ce film reste difficile à regarder pour un français.

Le chef d’œuvre de François Truffaut et le talent de ses acteurs attachent et retiennent plus de deux heures durant, cloués sur leurs fauteuils, les spectateurs médusés.

On applaudit, la salle se rallume et ces mêmes spectateurs entrevoient leur idole discrètement installée près des portes.

Il traverse alors la salle sous un tonnerre d’applaudissements, le public se lève et les applaudissements redoublent.

L’acteur ne cache pas ses émotions.

LA GRANDE FORCE DE l’ ART

Gérard Depardieu ne pouvait pas ne pas évoquer son amitié avec François Truffaut, auquel il consacre un chapitre entier dans son livre.

«  il ( François ) n’ a jamais vraiment quitté l’ état de l’ enfance et avait le contact facile avec les enfants, ce qui n’ était pas le cas avec les femmes ». «  Je leur préfère un bon livre » disait le défunt réalisateur.

L’acteur s’est ensuite exprimé sur son désarroi face à la situation actuelle du cinéma français :

Il ne comprend pas pourquoi des réalisateurs expérimentés ayant à leur actif des dizaines de films sont néanmoins obligés de passer l’ épreuve du verdict de commissions composées de personnes beaucoup moins compétentes en art du cinéma que dans la façon de monter un dossier de financement pour un film.

L’acteur considère que c’est en Russie que l’on peut tourner de bons films mais il y a le problème de la corruption à régler.

Puis est arrivé le moment de la rencontre du public avec Gérard et pour ce faire, les spectateurs formèrent deux files. Une pour la dédicace, l’ autre pour acheter le livre.

Il y eut aussi la file de l’Observateur russe, venu raconter à la star ce qui s’ était passé deux ans auparavant à l’ occasion de la publication de «  Récits d’ un pèlerin » et lui offrir une copie de l’ article.

«  J’ aime ce livre, s’ est écrié l’ acteur l’ apercevant aux mains de notre journaliste.

« Vous en avez parlé il y a deux ans sur le plateau de la «  Grande Librairie » et vos téléspectateurs se sont rués en librairies.  Les livres, édités par trois Maisons différentes, n’ont pas eu le temps d’ atterrir en magasins et les lecteurs les ont cherchés en vain ! Vous avez favorisé un véritable déficit !!!, cite l’ Observateur russe.

— «  Quelle histoire !!! s’exclame Gérard Depardieu le regard dirigé vers le directeur du Louxor. L’acteur aux traits fatigués reprend vie et couleurs à l’ évocation de cette anecdote.

— «  je le lirai , votre texte», dit il enthousiasmé en russe. C’ est un livre important. C’ est une bonne chose que d’ autres personnes aient voulu le lire, dit il ensuite en français.

à propos de «  MONSTRE »

On reconnaît immédiatement l’auteur de « Monstre »   à sa lecture.

L’ acteur ne s ‘est entouré d’ aucune personne spécialement érudite ou issue de l’intelligentsia de son pays, aucune. Ni journaliste, ni universitaire.

L’ouvrage est au contraire rédigé dans une langue simple, sans la moindre afféterie, étayé d’un vocabulaire parfois grossier, ce qui pourra sans doute choquer certains lecteurs esthètes.

A sa lecture, la voix de l’acteur s’entend :

Ce sont des notes dans les marges, des souvenirs de ses amis disparus qui surgissent sans crier gare à l’évocation des souvenirs qui « remontent » la plupart du temps à l’occasion de ses nombreux allers et venues.

Les chapitres ne se suivent pas, aussi est il possible d’ ouvrir le livre où bon nous semble. Là un passage philosophique qui vous parlera plusieurs jours d’ affilée, ici une anecdote amusante sur les nombreuses célébrités qui ont croisé la route de la star.

Dans le film «  La femme d’à côté », François Truffaut fait chanter à son héroïne Fanny Ardant un hymne à la simplicité.

« J’écoute des chansons parce qu’elles parlent de vérité......Plus la chanson est simple, meilleure elle est. «  ne me quitte pas « , «  je suis une maison vide sans toi »...

Les chansons parlent de vérité des sentiments, de l’amour, des choses importantes avec des mots simples ; c’ est pourquoi elles me touchent tant » écrit l’ acteur.

Le livre de l’acteur ne parle pas du tout de politique

Un unique chapitre est consacré à la Russie où l’acteur évoque la sérénité de la campagne russe dont il s’est profondément épris, les lieux auxquels il se sent profondément attaché.

«La ville Saratov …. avec ses scooters et ces gens qui savent prendre leurs temps ou j’ai rencontré de vieilles dames russes charmantes qui chantent encore le soir ensemble dans leur costume traditionnel.

Saransk, le pays de la pêche aux goujons ….

Ils vivent de ce qu’il cultivent.

C’est à la taille humaine».

" Les problèmes et les peurs des gens sont leurs ou ceux de leurs voisins, pas ceux des médias.

Il n’y a pas d’ordinateur ici, pas d’internet, même pas de télé ni de journal.

Les gens ne portent pas sur les épaules toutes les misères du monde.

Leurs sourires et leurs larmes n’appartiennent qu’à eux.

J’y retrouve une culture qui a existé ici, mais qui n’existe plus.

Une nature aussi qui n’existe plus ici.

Je m’y sens bien.

Ce n’est pas un voyage dans temps mais dans l’espace.

De quoi reprendre espoir.

A seulement quelques heures d’avion.

C’ est en ces termes que Gérard Depardieu décrit les environs de Saransk.

2018 sera une année importante pour Gérard Depardieu, puisqu’ il aura 70 ans, un âge non négligeable, auquel il consacre d’ ailleurs plusieurs chapitres de son livre dont le dernier.

«Aujourd’hui ils ont bien trop peur d’aller dans la montagne, ils ont trop peur d’être seuls et de finir seuls.
C’est pourtant toujours le cas.
Et il faut s’y préparer.
Bonne nuit».

 

Sur le même sujet:

Comment Depardieu est devenu russe. Nouveau livre

 

 

2 commentaires

  1. Irene dit :

    Спасибо за интересную статью. Но очень была удивлена, прочитав, что во Франции созданию фильмов предшествует фильтр из комиссий!!! Вот это да!

  2. Sinclair dit :

    Passionnante approche de Gerard Depardieu, qui apparait dans toute sa simplicité, et son immense talent.

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