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mardi, 20 avril 2021
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Rubens, roi des peintres

Elena Iakounine, traduction de Alison Périé0:49, 6 novembre 2017CulturesImprimer

Où à Paris peut-on exposer les œuvres de Rubens si ce n’est dans le palais de Marie de Médicis ?

Il faut dire que ces deux noms sont étroitement liés non seulement dans l’Histoire avec un grand H mais aussi par les histoires qui se sont déroulées en Europe au 17e siècle.

Vue de l’exposition Rubens, portraits princiers, scénographie Véronique Dollfus © Rmn-Grand Palais / Photo Didier Plowy

Le Musée du Luxembourg est une partie du palais du même nom qui a été construit pour la reine-mère. Pour l’une de ses galeries, Richelieu avait commandé à Rubens une série de toiles, appelée « Le cycle de Marie de Medicis », retraçant la vie de celle-ci. Les tableaux se trouvent aujourd’hui au Musée du Louvre, tandis qu’au Musée du Luxembourg se déroule l’exposition « Rubens, Portraits princiers ».

L’on mentionne souvent Pierre Paul Rubens en tant que peintre, mais à sa carrière artistique s’ajoute également le titre de diplomate. Le peintre n’a jamais occupé de poste officiel de diplomate, d’autant plus qu’il n’a jamais terminé ses études. Dans sa jeunesse, il a servi peu de temps en tant que page pour une comtesse à Anvers, abandonnant ainsi ses études de l’époque. Néanmoins, il a accompli un grand travail en établissant des liens en les Etats.

Au 17e siècle, les envoyés royaux ne voyageaient pas beaucoup à travers l’Europe.

Mais Rubens se rendait régulièrement de cour en cour, attendant les commandes des personnes couronnées. Ces personnes devaient alors prêter attention au portraitiste, tout du moins lorsqu’ils posaient pour lui. Avec l’artiste, on parlait plusieurs minutes et parfois des heures en face à face, pendant lesquelles on transmettait l’information et on envoyait des propositions aux pays amis ou à leurs provinces subordonnées.

Peter Paul Rubens Marie de Médicis, reine mère de France, 1622, Huile sur toile Espagne, Madrid, Museo Nacional del Prado © Museo Nacional del Prado, Dist. RMN-GP / image du Prado

Etonnamment, Rubens arrivait très bien à exécuter ces instructions. D’ailleurs, sur le plan diplomatique, le talent de l’artiste était aussi grand qu’en peinture.

La médiation entre Philippe IV roi d’Espagne et Isabelle Eugénie gouvernante des Pays-Bas (qui étaient à l’époque sous domination espagnole) fut un tel succès, que Rubens a reçu pour cela un titre de noblesse de la part du monarque au pouvoir.

Pierre Paul Rubens et Jan Brueghel l’Ancien, dit Brueghel de Velours L’Infante Isabelle Claire Eugénie Vers 1615 (ou plutôt vers 1618—1620 ?) Huile sur toile Espagne, Madrid, Museo Nacional del Prado © Museo Nacional del Prado, Dist. RMN-GP / image du Prado

Après cela, l’artiste devait s’entretenir avec les britanniques.

Rubens a entamé des pourparlers avec un homme au service du duc de Buckingham afin de restaurer les relations entre les deux pays. Philippe IV lui a même offert un plus grand statut en le nommant secrétaire du conseil de Flandre.

Charles 1er lui-même a accordé plusieurs audiences à Rubens. Après la conclusion d’un traité de paix entre l’Espagne et l’Angleterre, le souverain britannique honora l’artiste du titre de chevalier.

Et avec tout cela, il aussi réussi à capturer l’image de nombreuses personnes de haut-rang pour l’éternité ; ou l’on peut plutôt dire que de nombreuses unions territoriales ont été consolidées durant les séances de pose.

Rubens maîtrisait parfaitement tous les codes de la cour, sachant comment embellir les personnages, sans oublier l’importance de la tenue qui est un véritable symbole de pouvoir. Dans le même temps, l’artiste a réussi à conserver sa lucidité dans son travail et ses personnages ressortaient plutôt réalistes.

Rubens a visité Marie de Médicis à Paris quand le contrat sur le cycle de toiles dédié à sa vie avait été signé. Il a ensuite peint un portrait de la reine-mère qui sera conservé dans son atelier jusqu’à sa mort. C’est sur la base de ce portrait qu’il a créé de nombreuses autres représentations de Marie de Médicis.

Peter Paul Rubens Autoportrait, 1623 Huile sur bois Royaume-Uni, Londres, The Royal Collection / HM Queen Elizabeth II 2017 Royal Collection Trust / © Her Majesty Queen Elizabeth II 2017

Rubens a collaboré avec Brueghel l’Ancien pour réaliser le portrait topographique de l’infante Isabelle Eugénie.

A la fin du Moyen-Age, il était à la mode de représenter les nobles sur leurs terres favorites, ou encore avec un petit château ou leur pavillon de chasse en fond. Alors que Brueghel était responsable du paysage, Rubens se concentrait sur le portrait.

On a conservé peu d’autoportraits où Rubens est seul, c’est-à-dire sans son cercle familial ou amical. A ce jour, celui qui se trouve dans la Royal Collection de Londres est considéré comme l’un des plus célèbres.

Rubens s’est représenté dans un costume de noble, proche de la cour. Il a également ajouté une chaîne en or autour de son cou qui est un cadeau royal traditionnel. Sur cet autoportrait, il n’y a aucune allusion à son métier de peintre.

Ce sont d’ailleurs ces références absentes qui témoignent du génie de l’artiste.

 

Rubens. Portraits princiers
Musée du Luxembourg
19, rue Vaugirard, 75006 Paris
Jusqu’au 14 janvier

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